Pour peu, on l'aurait cru championne olympique! A l'issue de la 7e des 8 séries du 100m féminin, ce vendredi matin, l'Irakienne Alaa Jassim a été assaillie par la presse internationale désireuse de l'entendre raconter son histoire. Née le 14 septembre 1985, Alaa Jassim fait partie des 27 athlètes irakiens présents à Athènes. Alors que l'équipe de football s'est qualifiée pour les quarts de finale du tournoi où elle rencontrera, ce samedi, l'Australie, Alaa Jassim était heureuse d'avoir pu prouver au peuple irakien qu'il devait y croire. «Toute ma vie, je me souviendrai de cette journée!, sourit-elle. Peu importe ma place ou mon chrono. L'essentiel était de participer.»

Habitant Bagdad avec ses parents et ses trois frères et soeurs, la jeune fille de 18 ans a été découverte en janvier 2003 à l'occasion d'une compétition scolaire, disputant sa première épreuve internationale, en septembre, en Jordanie. C'est d'ailleurs là qu'elle s'est préparée en vue des Jeux d'Athènes. «Avec la guerre, il était impossible de m'entraîner en Irak!, enchaîne-t-elle. Nul n'ignore la triste situation de mon pays où chacun a, parmi ses connaissances, plusieurs proches blessés ou morts sous les bombes.»

N'ayant aucun sponsor, Alaa Jassim doit utiliser des vêtements et des chaussures usagées pour pouvoir pratiquer l'athlétisme. «Je cours depuis un an et j'espère pouvoir continuer. J'ai terminé mes études secondaires et j'envisage d'entreprendre des études universitaires en éducation physique.»

Seule femme de la délégation qui compte, outre l'équipe de football (20 joueurs), 2 athlètes, 1 boxeur, 1 haltérophile, 1 judoka, 1 nageur et 1 taekwondoka, Alaa Jassim a un message pour les femmes irakiennes. «En venant, je voulais prouver aux femmes de mon pays qu'elles ne sont pas inférieures aux hommes...»

© Les Sports 2004