C’est dans la poche ! Battu hier au second tour des championnats du monde par le Sud-Coréen Oh Sang Eun (ITTF 11) 4-1 (11-9, 12-10, 9-11, 11-5, 11-4), Jean-Michel Saive s’est pourtant assuré l’une des 28 places en "first class" dans le premier wagon de l’Eurostar pour Londres 2012.

Si une victoire lui aurait instantanément garanti la qualification pour ses septièmes Jeux (!), et donc permis de ménager des nerfs rudement mis à mal ces derniers jours, sa défaite le rendait tributaire des résultats d’un petit peloton d’autres prétendants à l’un des précieux sésames. La logique du tableau et du classement mondial fut respectée puisque, hormis le Grec Gionis et l’un des deux derniers joueurs russes encore en lice, tous les rivaux de "Jean-Mi" se sont, eux aussi, inclinés au second tour de ces championnats du monde.

Si le nouveau classement ITTF officialisera la nouvelle lundi (Saive devrait occuper, à plus ou moins une place près, la 25e position qualificative), l’aîné des frangins pongistes se refusait pourtant à tout triomphalisme au sortir de sa rencontre. "Je vais bien évidemment étudier les résultats de mes rivaux ce soir et sortir ma calculette pour pouvoir projeter le plus fidèlement possible le classement mondial, mais je ne crierai victoire que lundi. Je vous rappelle tout de même qu’il y a quatre ans, on m’a privé d’un ticket qui m’était dû par la grâce de quatre classements mondiaux sortis en l’espace de 24 heures et l’invention soudaine de la décimale dans ceux-ci (NdlR : Saive avait alors décroché son ticket pour Pékin via le tournoi qualificatif européen)."

Il ne peut pourtant plus rien arriver à celui qui deviendra ce lundi, à la parution du nouveau classement ITTF, le nouveau co-recordman belge (NdlR : avec le tireur François Lafortune) de participations aux Jeux.

Juste après sa défaite, Saive ne pouvait contenir quelques larmes, relâchant enfin le couvercle d’une casserole mise sous pression il y a plus d’un an. "C’est la fin d’un long périple et d’une sacrée aventure. Je crois pouvoir dire que je sors de ce Mondial la tête haute après avoir livré un bon match. J’ai livré trois énormes manches en début de partie, mais aussi, malheureusement, loupé trois balles de set dans le second. Contre des joueurs de ce niveau, il est presque impératif de prendre les devants, sans quoi cela devient très compliqué."

A 40 ans, Jean-Michel Saive ne manquera pas de retenir la leçon en anglais. Chapeau (melon) bas monsieur !