Points de ralliement de centaines de milliers d’athlètes, journalistes ou spectateurs, la Coupe du monde de football et les jeux Olympiques d’hiver constituent, en raison de leur médiatisation, des cibles potentielles de choix pour le terrorisme.

D’autant que, en 2002, les Jeux comme le Mondial ont lieu dans deux zones conjoncturellement sensibles: les Etats-Unis, frappés par des attentats meurtriers en septembre, et l’Asie, théâtre d’opération de la riposte militaire américaine.

Pour les JO (8 au 24 février) à Salt Lake City (Utah) comme pour le grand rendez-vous (31 mai au 30 juin) des passionnés de football en Corée du Sud et au Japon, le mot d’ordre est le même: dispositif de sécurité maximum afin que le spectacle puisse continuer.

Les organisateurs américains ont reçu l’assurance du Comité international olympique (CIO) qu’il n’existait aucun projet officiel pour déplacer les Jeux vers des neiges moins exposées. Et leur gouvernement a mis la main à la poche pour les aider à boucler un budget sécurité record: 250 millions de dollars (281 millions d’euros), soit 12,5% de leur enveloppe globale.

Sécurité

«Les jeux Olympiques sont la plus belle démonstration que les gens peuvent vivre ensemble en paix et c’est pourquoi nous ne voyons aucune raison d’annuler ce message très fort d’harmonie et de paix dans le monde », s’est justifié le président du CIO Jacques Rogge.

Il a rappelé que, depuis Munich (1972) où l’attaque d’un commando palestinien avait fait neuf morts au sein de la délégation israélienne, les JO avaient «appris à vivre avec la menace terroriste » et à faire de la sécurité leur «première priorité. »

Les organisateurs coréens et japonais du Mondial ne seront pas en reste. Ils ont prévu que chacun des quelque 800 joueurs et membres de l’encadrement technique représentant les 32 pays engagés tout comme les 15 principaux dirigeants de la Fédération internationale de football (FIFA) disposeraient de gardes du corps personnels.

Les sélections seront classées en quatre catégories de risques, les plus exposées comme les Etats-Unis, pour des raisons évidentes, ou la France, tenante du titre, en raison de sa notoriété, étant l’objet d’un dispositif de sécurité particulièrement renforcé.

Doute

Le survol des stades (10 en Corée et 10 au Japon) sera interdit pendant la compétition et les installations sensibles, usines chimiques ou centrales électriques, situées à proximité seront gardées par la police et l’armée.

Au Japon, tous les personnels de santé recevront un manuel d’une cinquantaine de pages leur enseignant la conduite à tenir en cas d’attentat ou d’agression bactériologique.

Face à ces menaces, celle représentée par le hooliganisme, qui avait terni le Mondial-98 en France, n’est plus perçue que comme un moindre mal. Les Coréens n’ont prévu que de mettre de charmantes policières en première ligne pour dissuader les casseurs. Le sourire, selon eux, sera plus efficace que la matraque. Même si celle-ci ne sera pas loin.

Instances dirigeantes et organisateurs veulent croire que la mise en oeuvre de mesures de sécurité sans précédent suffira pour éviter une catastrophe et assurer le succès de leurs entreprises.

Nul parmi eux ne veut imaginer qu’athlètes ou spectateurs pourraient hésiter à faire le déplacement.