Hambourg met Vincent Kompany à la disposition de l'équipe olympique [...] Après deux rencontres olympiques nous évaluerons la situation. Si la Belgique est en course pour les quarts de finale, Kompany restera avec nous jusqu'à la fin du tournoi. Sinon, il rentrera plus tôt à Hambourg".

Ces propos ont été tenus fin juillet par Nicolas Cornu... le porte-parole de l'Union belge.

Mardi, après avoir raté un premier avion pour avoir oublié son passeport, Vincent Kompany cherchait pourtant à reprendre le chemin de l'Europe alors que la délégation était déboussolée. Rétroactes.

10 juillet. Le club de Hambourg fait savoir qu'il n'a pas l'intention de libérer son arrière central pour les JO.

15 juillet. Jean-François de Sart fait connaître sa sélection pour les Jeux. Parmi les 22 joueurs retenus figure... Vincent Kompany.

17 juillet. La Fifa communique à l'Union belge une copie d'un télex adressé à la Fédération allemande rappelant à cette dernière que les joueurs de moins de 23 ans doivent être mis à la disposition des JO.

22 juillet. Un compromis est conclu entre l'Union belge et le HSV à propos de Kompany. Lire ci-dessus.

23 juillet. Kompany figure dans la sélection définitive de Sart, forte de 18 joueurs.

5 août. Kompany débarque à Shenyang.

6 août. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) juge qu'il n'y avait pour les clubs "aucune obligation de libérer les joueurs" pour le tournoi olympique. Le TAS estime que ce tournoi ne figure pas au calendrier officiel de la FIFA et que le Comité exécutif de celle-ci n'a jamais établi une obligation de mettre à la disposition des Fédérations les joueurs de moins de 23 ans pour les JO.

En conséquence, le TAS conclut que Schalke 04, le Werder Brême et le FC Barcelone, les trois clubs qui s'étaient adressé à lui, n'ont aucune obligation de libérer leurs joueurs, à savoir respectivement Rafinha, Diego et Messi. Le TAS n'en appelle pas moins "à la bonne volonté et au bon sens des clubs et de la FIFA pour trouver une solution permettant aux joueurs qui le veulent de représenter leur pays aux JO.".

Le sélectionneur argentin affirme que Messi souhaite rester en Chine et jouera le 7 août contre la Côte d'Ivoire. Il est soutenu par le président de sa fédération. Le 6 août toujours, le Werder Brême, employeur de Diego, fait savoir que Diego restera en Chine tant que le Brésil dispute le tournoi olympique... à condition que la fédération brésilienne assure le joueur contre une éventuelle blessure et prenne son salaire en charge pendant les Jeux. Schalke 04 décide de libérer Rafinha aux mêmes conditions. Depuis, il a toutefois décidé de porter plainte contre la fédération brésilienne.

7 août. Le FC Barcelone, après en avoir longuement discuté avec lui, annonce que Messi est autorisé à disputer le tournoi olympique. Le même jour, Kompany dispute sous le maillot belge le match contre le Brésil. Il est exclu à la 73e minute.

9 août. Kompany est suspendu pour le match Belgique-Chine du 10 août (2-0).

11 août. Hambourg rappelle Kompany. Le joueur belge adresse une fin de non recevoir à son club, qui menace l'Union belge de demander des dommages et intérêts et de ne plus libérer Kompany pour les prochains matches de l'équipe nationale belge. L'Union belge se désolidarise de son joueur qui, la mort dans l'âme, rentre vers l'Europe.

La suite ? Kompany, après avoir été ainsi abandonné par les siens, alors qu'il prenait des risques personnels au service de son pays, restera-t-il international ? Jean-François de Sart, l'excellent sélectionneur des Espoirs, claquera-t-il la porte à l'issue d'un tournoi au cours duquel on lui aura empoisonné autant la vie que pendant les qualifications ? Y aura-t-il des démissions au sein d'une Union belge incapable de gérer le dossier ?