Rien à dire, rien à faire. Le Nigeria était trop fort pour une équipe de Belgique au bout du rouleau. Les médailles d'or et d'argent du tournoi olympique de football se sont envolées dans la moiteur de Shanghai, mardi. Reste l'espoir, ténu, il faut bien l'avouer, d'aller chercher le bronze vendredi.

Sans doute, les Diablotins ont-ils atteint leurs limites en sortant, à dix contre onze, les Italiens, en quarts de finale, samedi passé. Ils avaient certes l'intention de confirmer cet exploit mardi mais n'en avaient plus les ressources physiques.

Ils les auraient peut-être eues si le noyau avait été moins maigre. Une bonne partie de leurs cartouches avaient déjà été tirées et Jean-François de Sart, leur admirable entraîneur, n'avait plus les forces suffisantes en magasin pour aller plus loin.

C'est affligeant. Wesley Sonck, international A, a sans doute raison d'émettre quelques réserves à propos de la réelle difficulté du tournoi olympique au regard d'une compétition Uefa ou Fifa. Sa sortie dans plusieurs journaux, mardi, ne manquait pas de pertinence mais outre qu'elle tombait mal à propos, elle a ajouté à l'impression de mépris que l'on ressent dans le chef de l'Union belge à l'égard des Diablotins et de leur staff.

La façon dont Jean-François de Sart a été traité par certains clubs belges et par ses propres employeurs est proprement scandaleuse. Aucun soutien, un lâchage en règle de Vincent Kompany, si désireux de poursuivre la campagne chinoise, des commentaires ironiques sur le niveau de jeu général de la compétition, une attitude pleutre à l'égard des clubs étrangers exigeant de garder leurs joueurs à leur disposition. Tout y est passé.

Dans ces conditions, que de Sart et ses acolytes (qui ne sont pas employés à plein-temps par la fédération) aient multiplié les bons résultats en Chine (et auparavant) tient du miracle. S'il avait été aidé comme son savoir-faire le méritait, de Sart eût sans doute fait mieux encore.

La saine mentalité de son groupe restera dans les mémoires des supporters et des observateurs. Qui suivront d'un oeil intéressé, dès ce mercredi, la prestation des "vrais" Diables contre la "vraie" Allemagne, vice-championne d'Europe. Une rencontre qui déchaîne à ce point les passions qu'aucune chaîne télé belge n'a déboursé un euro pour la retransmettre en direct...