Peter Odemwingie a ouvert son compteur buts dans ce tournoi olympique contre la Côte d'Ivoire, en demi-finales, permettant au Nigéria de défier ce mardi à Shanghai le pays où il vit...

"J'ai toujours mon appartement à Courtrai , explique l'ancien attaquant des " Loups". Quand j'ai quitté La Louvière pour Lille, en 2004, je suis parti habiter près de la frontière. Et j'ai gardé ce domicile lors de mon départ à Moscou. En novembre, à la fin du championnat russe, je reviendrai en Belgique..."

En janvier 2007, Peter Odemwingie a choisi de retourner en Russie, le pays où il est né. Son papa nigérian y rencontra en effet sa maman, en faculté de médecine. Et, en 1981, à Tachkent (Ouzbékistan), le petit Peter voyait le jour. Formé au CSKA Moscou, il repartit, à 18 ans, au Nigéria, au Bendel Insurance. Et lorsqu'un manager lui proposa des tests en Belgique, il décida de franchir le pas. Après avoir été refoulé par... Anderlecht, c'est au Tivoli qu'il trouva son bonheur...

"Je n'oublierai jamais mes deux saisons et demie passées dans le Hainaut, sourit l'attaquant nigérian. La gentillesse des gens, la chaleur des contacts. Et puis, surtout, cette Coupe de Belgique face à Saint-Trond. Mon premier trophée. Il trône encore dans mon salon, à Courtrai..."

Depuis son départ de la Raal, Peter Odemwingie a pris de l'ampleur internationale. Ce sont ses belles prestations lors de la Can 2004 qui lui valurent un transfert à Lille, où il termina deuxième meilleur buteur de la "Ligue 1" en 2006, et connut la Ligue des champions.

Quand le Lokomotiv vint frapper à sa porte, il décida de relever le défi. Et est aujourd'hui le seul renfort de plus de 23 ans de l'équipe olympique nigériane : "Le gardien Vincent Enyeama aurait dû aussi être ici mais son club, Hapoel Tel Aviv, a refusé de le libérer. C'est clair que le Lokomotiv n'était pas très chaud à l'idée de me laisser partir en Chine car le championnat russe est déjà dans sa phase cruciale. Mais, en Russie, pays de tradition olympique, on respecte les J.O. On connaît leur importance. J'ai joué jusqu'au 27 juillet, puis j'ai pu rejoindre l'équipe..."

Après deux médailles de bronze africaines (Can 2004 et 2006), l'ancien sociétaire du Tivoli espère monter plus haut sur un podium. Mais il connaît mieux que quiconque la valeur des Diablotins : "J'ai regardé le match contre le Brésil, et vu des extraits des autres rencontres. Je l'avoue, j'ai été bluffé ! Tactiquement, ce fut un match exceptionnel. Mais l'arbitrage fut scandaleux. Je suis étonné du changement de qualité de votre football. Il y a tout dans cette équipe. Ce sera très compliqué..."

Peter Odemwingie est particulièrement heureux de retrouver Kevin Mirallas, avec qui il joua à Lille : "Quand il est arrivé au Losc, c'était un petit garçon. C'est devenu un homme aujourd'hui. Il est capable de traverser un mur pour prendre le ballon. J'ai prévenu mes défenseurs qu'il ne fallait pas une seconde d'hésitation face à lui. Car en plus, aujourd'hui, Kevin sait profiter d'une mini-occasion pour marquer..."

L'attaquant moscovite veut que ses partenaires ne prennent pas de haut cette " petite" Belgique : "C'est le problème de notre sélection. Si nous avons raté le Mondial 2006, c'est parce que nous avons perdu des points contre des équipes dites plus faibles. Il nous faut être toujours bien concentrés. La Belgique n'est pas le Brésil ou l'Argentine pour mes partenaires, mais je sais qu'elle sera à la hauteur de l'événement !"