Le Français Naman Keita, médaillé de bronze aux JO de 2004 sur 400 m haies, a été contrôlé positif à la testostérone lors des Mondiaux d'athlétisme qui se sont achevés dimanche à Osaka (Japon), a-t-on appris mardi de sources concordantes.

"Je l'ai appris de la part du président (de la Fédération française, Bernard Amsalem) vendredi soir", a déclaré l'athlète à l'AFP. "C'était un contrôle hors compétition effectué le 20 août à Wakayama (camp de base de l'équipe de France au Japon avant le début des Mondiaux à Osaka le 25 août)." "J'ai fait une grosse connerie", a-t-il ajouté. "Le mois de juillet a été catastrophique en termes de performances et après les Championnats de France, je me suis fait un peu mal aux abdos. On m'a conseillé un complément alimentaire pour aider à régénérer le muscle et je l'ai commandé sur internet."

"Ce n'est ni mon entraîneur, ni mon agent, ni quelqu'un de la Fédération qui me l'a conseillé, a-t-il ajouté. La connerie, je l'ai faite moi-même. Après les Championnats de France, je me suis un peu enfermé sur moi-même. Je ne voulais parler à personne. J'étais en plein doute." L'athlète, âgé de 29 ans, assure avoir vérifié que le produit incriminé ne présentait pas de contre-indication pour les sportifs, mais il reconnaît avoir été "naïf" en omettant de le présenter à son entraîneur Hervé Stéphan, qui est médecin, ou à un responsable de la Fédération française (FFA).

Keita a demandé une contre-expertise, mais ne se fait pas d'illusion sur le résultat. "Je l'ai fait car on ne sait jamais, mais je ne crois pas au Père Noël", a-t-il déclaré. "Je crois que ma connerie à deux balles je vais la payer cher." A priori, Keita encourt une suspension de deux ans, si la contre-expertise est elle aussi positive.

La FFA avait fait savoir auparavant qu'elle ne souhaitait pas réagir à cette information avant la contre-expertise (analyse de l'échantillon B). Elle craint en effet que l'athlète n'invoque un vice de procédure si elle s'exprime avant la fin de la procédure. Dimanche, lors de la conférence de presse de clôture des Mondiaux, le président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) Lamine Diack avait indiqué qu'un contrôle antidopage réalisé durant la compétition avait révélé un "résultat anormal". A Osaka, Keita avait été éliminé en demi-finales, quatrième en 49 sec 16.