ENVOYÉ SPÉCIAL À ATHÈNES

Costas Kenteris et Ekaterini Thanou se sont (enfin!) présentés, ce mercredi, à l'hôtel Hilton, où ils devaient être entendus par la commission de discipline du CIO. L'audition par les trois membres de l'instance olympique (Denis Oswald, Thomas Bach, vice-président du CIO, et Serguei Bubka) n'a guère duré. Il semble même qu'elle ait porté sur la forme plutôt que sur le fond de l'affaire. A leur sortie, les deux athlètes ont annoncé qu'ils renonçaient à participer aux Jeux olympiques. Une véritable bombe en Grèce, où ils étaient considérés comme des dieux.

«Je suis innocent! a répété Kenteris. J'ai, néanmoins, décidé de me retirer des Jeux et de cesser ma collaboration avec mon entraîneur Christos Tzekos.» Même son de cloche du côté de Thanou: «J'ai remis mon accréditation à la commission de discipline. Je ne concourrai donc pas.»

Les deux sprinters ont ajouté qu'on ne leur avait jamais notifié, jeudi dernier, qu'ils étaient censés se soumettre à un contrôle antidopage. Ayant quitté le village olympique au moment où les contrôleurs du CIO se sont présentés au bâtiment de la délégation grecque, on retrouva leur trace à... l'hôpital, où ils étaient, soi-disant, soignés après un accident de moto. Sommés de se présenter devant la commission disciplinaire, ils trouvèrent, alors, un médecin complaisant qui délivra un certificat leur interdisant toute sortie pendant 48 heures. Le CIO eut la faiblesse de leur accorder un délai jusqu'à ce mercredi.

Rocambolesque

Nul doute que les pressions ont été énormes pour que les deux athlètes s'excluent eux-mêmes. Mais cette histoire a trop longtemps duré! L'imposture aussi. Car comment croire, encore, Kenteris et Thanou, dont on sait qu'avant le contrôle de jeudi dernier, ils en ont éludé deux autres, rien que cet été? Le premier, fin juillet, à Tel Aviv, et le second, le 11 août, à... Chicago, leur escale après un stage au Mexique.

De même, à propos de leur accident, il n'existe aucun rapport de police évoquant les faits. Tout juste un témoin, anonyme, s'est-il manifesté... lundi pour expliquer qu'il avait vu une moto renversée par une voiture, sans pouvoir affirmer qu'il s'agissait des deux athlètes. Plus rocambolesque, on ne trouve pas!

Ayant passé leur temps depuis quatre ans à jouer à cache-cache avec les médecins contrôleurs, ils ont fini par être coincés chez eux, à Athènes, ce à quoi ils ne devaient sans doute pas s'attendre...

© Les Sports 2004