Avec des qualifications à 5,75m pour l'un, 17,00m pour l'autre, il n'y a pas de doute: Kevin Rans, à la perche, et Michaël Velter, au triple, devront vraiment se surpasser pour atteindre la finale de leur discipline! Même si ces concours dépendront, bien entendu, des conditions climatiques et, en particulier, du vent. «Avec cette pluie, on se croirait en Belgique! sourit Kevin. Mais je ne sais pas si ce sera un avantage. Ceci dit, je suis conscient que ce ne sera pas facile pour moi qui ai un record personnel à 5,60m depuis 2001 déjà.»

En effet... Et ce, d'autant que Kevin a ramé pour les franchir à nouveau, cet été, ces fameux 5,60m! «C'était le 23 juillet, à Heusden, où je pense qu'un déclic s'est produit. Depuis longtemps, je suis persuadé que je peux sauter plus haut. Je le sens à l'entraînement mais, en compétition, ça ne passe pas. Du moins jusqu'à Heusden, où les conditions étaient absolument idéales.»

Discipline de casse-cou, la perche pourrait être perturbée par la pluie qui ne cesse de tomber à Helsinki, ce qui n'entame pas le soutien du public. «Dommage que je ne sois pas aussi connu qu'à Heusden!» conclut Rans avant de rejoindre son coach, Peter Moreels, ancien perchiste.

Non loin d'eux, Michaël Velter se marre. Question ambiance, «Mike» n'est pas le dernier, même à la veille d'un rendez-vous international auquel, jusqu'ici, il n'a assisté qu'à la télévision. «Je loge dans le même appart que Jonathan, Cédric, Tom, Kevin et Jo, explique-t-il. L'ambiance est excellente. Je n'ai pas encore été au stade! Je n'en ai pas envie. On voit bien à la télé, non? Pourquoi irais-je perdre mon influx en tribune? D'autant qu'il paraît qu'on est mal situé... Sinon, je me sens bien, prêt à franchir ces 17,00m.»

Avec seulement deux concours à son compteur, cet été, Michaël a logiquement faim de compétition. «Sans cette fracture de stress, j'aurais déjà franchi cette barrière des 17,00m! enchaîne-t-il. Et on ne me poserait pas la question de savoir si je crois en ma qualification. Bien sûr que j'y crois. Sans quoi je ne serais pas ici! J'espère simplement que j'aurai un peu plus de chance qu'à Liège, où j'ai mordu d'un rien deux sauts que j'évaluais loin, très loin.»

Avec Roger Lespagnard à ses côtés, Velter espère, enfin, concrétiser tous les espoirs placés en lui. A juste titre?

© Les Sports 2005