Deux médailles d'or en deux minutes ! Pour la Belgique, l'instant était historique, ce vendredi soir, dans un stade Ullevi affichant complet pour voir à l'oeuvre Suzanna Kallur, sur 100 m haies, et Kajsa Bergqvist, à la hauteur... Mais, au moment où celle-ci s'inclinait devant Tia Hellebaut, Kim Gevaert prenait place dans les starting-blocks pour la finale du 200 m. Et pour notre compatriote, ce furent un peu plus de vingt-deux secondes de pur bonheur. Car, si Kim fut, un moment, menacée par la Russe Gushchina, elle ne paniqua jamais. "J'avais pris un excellent départ, enchaînant par un honnête virage ! raconte-t-elle dans une cohue indescriptible. Mais j'ai quand même été un peu surprise de voir Gushchina à ma hauteur à l'entrée de la ligne droite. Je ne me suis pas déconcentrée, pensant sans cesse à ma technique. Je l'ai, alors, senti faiblir au moment où moi-même je produisais mon accélération. Nous devions être à cinquante mètres de la ligne."

Le bras de fer engagé par la Russe se termina à l'avantage de notre compatriote qui, une fois la ligne franchie, tomba immédiatement dans les bras de... Tia Hellebaut, déjà habillée du drapeau noir-jaune-rouge. "Ce qui est incroyable, c'est que nous l'avions toutes deux rêvé. Elle de son côté, moi du mien. Elle me l'a avoué lors de notre tour d'honneur tandis que moi, je lui soufflais à l'oreille que j'étais très fière d'elle." L'émotion était à son comble dans le clan belge où tant Rudi Diels, l'entraîneur de Kim, que Wim Vandeven, celui de Tia, avaient les larmes aux yeux, preuve que le résultat de leurs deux protégées était le fruit de longues séances d'entraînement. Revenant sur son parcours, Kim avoua qu'elle s'était volontairement épargnée lors des séries de jeudi, laissant Gushchina l'emporter. "Je savais que ce n'était pas grave. Première ou deuxième en séries, peu importait. En revanche, en demi-finales, je ne l'ai pas laissée passer pour être assurée d'un bon couloir en finale. Ce fut le cas, même si j'aurais préféré avoir une des deux Russes devant moi. Mais peu importe désormais puisque je suis championne d'Europe."

De fait... Et il en est deux, Gaston Roelants et Karel Lismont, qui sont aujourd'hui bien entourés au palmarès des Championnats d'Europe. Quand on pense que la Belgique a dû attendre trente-cinq ans pour leur trouver un successeur et que Göteborg nous en offre deux d'un coup, il y a de quoi avoir des frissons. Chapeau, Mesdemoiselles Gevaert et Hellebaut !