L’annonce ce jeudi, par la fédération flamande de gymnastique, de la création d’un comité d’éthique indépendant pour répondre aux témoignages d’anciens gymnastes sur les mauvais traitements subis au centre d’entraînement de Gand, n’a pas donné satisfaction à Aagje Vanwalleghem, Gaëlle Mys et Laura Waem. Ces trois anciennes gymnastes, à la tête de la branche belge du mouvement Gymnast Alliance qui a pris beaucoup d’ampleur sur les réseaux sociaux dernièrement, l’ont fait savoir à travers un communiqué publié dans l’après-midi.

« Sous le hashtag #gymnastalliance des dizaines de gymnastes ont publié ces derniers jours leurs témoignages relatifs aux violences psychologiques qui ont eu lieu au Topsporthal et qui, suivant certains faits récents, s’y déroulent encore », écrit le collectif. « La Gymfed ne peut plus nier qu’il y a un problème structurel. Malheureusement les coaches concernés le font et sont soutenus dans cette attitude par la fédération. Le duo d’entraîneurs Marjorie Heuls et Yves Kieffer ont expliqué devant la caméra qu’ 'insulter et intimider n’est pas (leur) style'. Des déclarations incroyables qui ont mené à une toute une série de réactions indignées et à de nouvelles révélations de la part de victimes d’abus psychologiques dans le monde de la gymnastique de haut niveau. »

Et de poursuivre : « Nous nous demandons pourquoi les filles qui ont arrêté avant 2016 n’ont pas été conviées pour une discussion. Elles s’entraînaient d’ailleurs aussi avec les entraîneurs actuels. »

Les anciennes gymnastes voient aussi dans l’organisation de discussions entre une jeune fille seule et trois adultes une « tentative d’intimidation » plutôt qu’une « réelle intention d’écouter ».

"Une médiation ne commence qu'avec des excuses"

Et elles s’étonnent que la composition de ce comité indépendant ait été présentée par la Gymfed elle-même. Une fédération dont les ancienne olympiennes disent qu’elle a « évité de prendre en considération les signaux envoyés pendant des années » tandis qu’elle « s’enrichissait grâce aux médailles remportées par ces mêmes gymnastes ».

« Nous demandons que la fédération prenne ses responsabilités. Qu’elle montre qu’elle prend la situation au sérieux et qu’elle la traite avec le respect voulu par les intéressées. (…) Nous attendons de la Gymfed, des coaches en question et de l’encadrement qu’ils présentent des excuses pour avoir failli pendant toutes ces années à leur devoir de protéger la majorité des athlètes. Tout le monde sait qu'une médiation ne commence qu'avec des des excuses après avoir reconnu ses erreurs. C’est valable pour la Gymfed également.»

La fédération a réagi à cette lettre ouverte en réaffirmant sa volonté de travailler avec le comité d’éthique, dont « la neutralité et l’indépendance sont assurées ». « En tant que fédération, nous sommes convaincus que l’étape suivante dans le processus est le dialogue ».

Affaire à suivre...