Critiquée ouvertement, discrètement ou diplomatiquement, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a renoncé à camper sur ses positions concernant l'uniformité et l'automaticité des sanctions préconisées par le Code universel antidopage qu'elle a préparé.

A l'issue de la deuxième journée des travaux de la Conférence de Copenhague, qui doit déboucher sur l'approbation informelle par le mouvement sportif et les Etats de ce Code mondial, le Canadien Dick Pound, président de l'AMA, a annoncé la création d'un groupe de travail comportant des représentants de son organisation et des fédérations sportives pour mener une étude complémentaire sur ce point d'ici aux Jeux olympiques 2004 à Athènes.

Le texte du projet - qui demeure inchangé pour l'heure - prévoyait, sauf «circonstance exceptionnelle», une suspension de deux ans à la première infraction, une suspension à vie en cas de récidive. «Ce groupe de travail étudiera cette question des sanctions dans chacun des cas spécifiques pour savoir si cette période de deux ans est adéquate ou pas et pour clarifier la notion de circonstance exceptionnelle», a expliqué Dick Pound.

Celui-ci a souligné que cela ne remettait pas en cause le calendrier prévu qui donne aux fédérations jusqu'aux JO 2004 pour intégrer formellement le Code dans leur règlement. Les plus virulents pour s'élever contre ce manque de souplesse avaient été la Fédération internationale de football (Fifa) et l'Union cycliste internationale (UCI).

La Fifa a été la première à se réjouir de la décision de l'AMA. «Le groupe de travail sera chargé de gérer de manière spécifique chaque cas éventuel de dopage sans préjuger de l'importance de la sanction. Au-delà, nous verrons s'il convient de continuer dans cette voie», a expliqué son représentant à Copenhague, le Belge Michel d'Hooge. «Cela signifie que ce Code n'est bien qu'un texte de référence n'interdisant pas que chaque cas soit jugé de manière spécifique.»

Ce droit «d'interprétation» concédé par l'AMA a également réjoui l'UCI qui a constaté que ses prédictions quant à l'impossibilité d'appliquer ce point du Code s'étaient vérifiées.

Compromis

Plus discrètes jusqu'alors, nombre d'autres fédérations ont également matière à satisfaction. «Il ne faut pas considérer comme une trahison du Code que les fédérations internationales bénéficient d'une certaine souplesse dans l'application des sanctions», a ainsi confessé le Suisse Denis Oswald au nom des fédérations internationales de sports olympiques d'été. «Le Code représente forcément un compromis», a-t-il résumé.

Enfin, plusieurs représentants des gouvernements n'avaient pas caché que la notion d'automaticité des peines n'était pas compatible avec leurs règles de droit. La conférence doit se terminer mercredi. Le Code mondial antidopage sera formellement adopté par le Conseil de fondation de l'AMA.

Les délégués, notamment les représentants du mouvement sportif et des organisations antidopage, adopteront une «résolution» symbolique d'approbation.

Enfin, les gouvernements seront invités à signer, d'ici aux JO 2004, une «Déclaration de Copenhague» témoignant de leur soutien à l'AMA et reconnaissant le Code comme «base de la lutte mondiale contre le dopage». Une trentaine de pays, sur les 90 représentés à Copenhague, ont déjà fait savoir qu'ils devraient parapher immédiatement ce document.

© Les Sports 2003