L'autre Académie sans stars à La Panne

Omnisports

PHILIPPE VANDENBERGH

Publié le

ÉCLAIRAGE

Que les autres `Star Academy´ se rassurent: ce n'est pas celle organisée en ce moment à la côte belge par le COIB qui va leur faire de l'ombre médiatique. Il est vrai que l'on parle ici non pas de faiseurs d'audience à bon compte et surtout au détriment de jeunes qui demain seront jetés comme de vieilles chaussettes mais de formateurs patentés qui ont de la suite dans les idées. Et qui les font appliquer sur le terrain des réalités quotidiennes. Nuance.

Initié par de Coubertin

Un peu d'histoire pour bien comprendre. Quand ce bon vieux Baron de Coubertin a émis le voeu de rénover les Jeux olympiques (NdlR: à la Sorbonne de Paris, le 25 novembre 1892, il y aura donc bientôt 110 ans), il considérait les compétitions sportives comme la partie visible de l'iceberg. `Il estimait que le sport se justifiait fondamentalement comme moyen de formation et d'éducation des jeunes et comme instrument de rapprochement avec d'autres formes d'expression culturelle´, explique le docteur Marc Maes, directeur de la Belgian Olympic Academy, pour faire court, bien qu'en son sein, comme le rappelle fort joliment Thierry Zinz, vice-président du COIB, `chacun écoute dans la langue de l'autre´.

On l'a sans doute oublié aujourd'hui mais c'est à la demande du Roi Léopold II que Pierre de Coubertin, très impressionné par le modèle anglais, développa un tout nouveau système scolaire `Le Collège Léopold II´.

Gymnastique chaque matin

Mélange de l'essence sportive de la Grèce antique et de l'empirisme anglais d'un John Locke, ce nouveau système faisait par exemple en sorte que la journée scolaire commençait impérativement par une heure de gymnastique dite `corrective´, inspirée des exemples scandinaves et surtout proche de l'hébertisme et de sa méthode naturelle. La journée scolaire s'achevait systématiquement par quelques heures d'activités sportives. Dans les années supérieures, les élèves participaient même à des formes de compétitions.

`Cette formule a incontestablement inspiré le système des demis jours que nous avons connu au début des années cinquante à Vanves, Cuesmes et Vlezenbeek, rappelle le docteur Maes. Les résultats très positifs et l'écho favorable enregistrés par ces expériences pilotes ne peuvent que nous faire regretter l'abandon du projet´ surtout à l'heure où l'opinion s'alarme sur l'état physique lamentable de la plupart de nos chérubins en milieu scolaire.

De Coubertin rêvait également de créer une institution, plutôt culturelle, qui enseignerait et diffuserait l'histoire du Mouvement olympique et des idéaux olympiques (paix, fraternité, tolérance, bref tous ces mots qui peuvent apparaître faussement désuets aujourd'hui). Il n'y sera jamais parvenu.

Système unique au monde

`A sa mort ce sont Carl Diem, sommité internationale, et le professeur grec John Ketseas qui reprirent le flambeau de ses idéaux, note encore Marc Maes. C'est sous leur impulsion que fut créée en 1961 l'Académie Internationale Olympique à Olympie, à l'ombre du mont Chronos, juste à côté de l'ancien stade et de l'impressionnante forêt d'Altis.´ Nous y voilà.

Depuis lors, pas moins de 70 pays ont décidé à leur tour de se doter d'une Académie Olympique Nationale mais, toute modestie mise à part, force est de reconnaître que c'est dans notre pays qu'elle trouva sa plus belle réalisation.

On le doit à ce visionnaire qu'était feu Raoul Mollet qui, dès 1982 initia le mouvement. Là où il est, près des preux chevaliers, il doit apprécier de voir ce que `son´ Académie olympique est devenue.

© Les Sports 2002

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