La Belgique figure parmi les derniers de la classe en matière de conformité au code mondial anti-dopage édicté par l’AMA, l’Agence Mondiale anti-dopage. L’AMA a tenu son Comité exécutif à Montréal le week-end passé au cours duquel il a officialisé la liste des mauvais élèves -fédérations internationales et agences anti-dopages- qui ne respectent pas encore les règles du Code mondial.

La Belgique figure parmi les derniers de la classe. Le territoire belge est ainsi pointé du doigt pour avoir "la particularité d’additionner dans son périmètre le cumul de quatre législations antidopage différentes (!), à savoir celles des communautés flamande, germanophone, française et de Bruxelles."

Le système antidopage de la Belgique est déclaré non conforme par l’AMA, croit savoir le quotidien français l’Equipe. L’AMA dévoilera officiellement le 25novembre la liste noire des mauvais élèves et les raisons de non-conformité de chaque organisation.

Le Code mondial antidopage est un document harmonisant les règles liées au dopage dans tous les sports et dans tous les pays. Il attribue à l’AMA la responsabilité de superviser la mise en place et l’application du document par ses signataires et d’en rendre compte. L’objectif de cette supervision et de ce compte-rendu est de garantir l’efficacité de la lutte harmonisée contre le dopage.

Réunie deux jours à Montréal, l’AMA a établi et approuvé notamment la liste des mauvais élèves lors de son Comité exécutif, samedi, puis lors de son Conseil de Fondation, dimanche. La Belgique est bien signataire du Code anti-dopage. Etant donné que de nombreux gouvernements ne peuvent pas être liés juridiquement par un document non gouvernemental tel que le Code mondial antidopage, les gouvernements ont préparé, adopté et sont en train de ratifier individuellement la Convention internationale de l’UNESCO contre le dopage dans le sport.

Pour sa part, la Belgique a ratifié ce document le 19juin 2008.

Que risque la Belgique?

La Belgique dispose en effet de quatre législations différentes en matière de lutte contre le dopage. La Communauté germanophone s’occupe de son territoire, la Communauté française fait de même en Wallonie, et la Flandre fonctionne avec la Commission disciplinaire de la Communauté flamande.

En outre, au Nord du pays, le 28août dernier, les fédérations néerlandophones de gymnastique, l’Union belge de football, la VAL (aile néerlandophone de la fédération d’athlétisme), la ligue flamande des sports pour handicapés, la fédération flamande de tennis de table, ses homologues en yachting et en natation ont crée ensemble un organe disciplinaire pour les sportifs d’élite, le tribunal antidopage flamand qui regroupe à présent 36 fédérations, dont la VBL, l’aile flamande de la fédération de basket.

Sur base du nouveau décret flamand sur la pratique du sport (MVS), l’idée est "d’obliger les fédérations sportives à organiser elles-mêmes les procédures disciplinaires en matière de dopage pour les sportifs d’élite les concernant", ceci afin d’harmoniser, du côté néerlandophone, une approche professionnelle et un jugement uniforme des violations des règles antidopage.

Du côté de Bruxelles, ne possédant pas de législation propre, celle-ci s’est dotée d’un projet d’ordonnance déléguant les contrôles à effectuer sur son territoire aux communautés flamande et française.

Pour ce qui est des sanctions, des fédérations sportives peuvent aller jusqu’à voir la présence de leur sport dans le programme olympique remis en cause.

La Russie dans le viseur aussi

Le quotidien sportif français "L’Equipe" révèle que plusieurs fédérations internationales sont sur la liste noire de l’AMA. Ainsi celles de gymnastique (FIG), de lutte (FILA), de volley-ball (FIVB), de handball (IHF) et de pentathlon moderne (UIMP) ne présenteraient pas un programme cohérent de contrôles anti-dopage hors compétition.

Les organisations antidopage de Russie, Bolivie, Bulgarie, Corée du Sud, Israël, Lituanie, Pérou, St-Marin, et Taïwan sont aussi dans le collimateur de l’AMA.

Les systèmes antidopage d’Andorre, de Belgique et de Turquie sont déclarés non-conformes. Les sanctions dues à la non-conformité peuvent inclure l’impossibilité d’accueillir des manifestations ou l’annulation de compétitions, et des sanctions internes peuvent être prises, telles que la perte de bureaux de l’AMA ou de sièges au sein des comités de l’Agence, voire une reconsidération de l’accréditation de laboratoires antidopage dont un nouveau standard international interviendra au 1erjanvier 2009.

En Belgique, le laboratoire de Gand est un laboratoire accrédité par le CIO. Le président du Comité olympique et interfédéral belge, Pierre-Olivier Beckers avait plaidé dès 2005 pour la création d’une agence antidopage belge commune, afin de concrétiser une politique antidopage efficace et d’acquérir une plus grande crédibilité au niveau international. En vain jusqu’ici

(Belga)