La Russie, venue avec le profil bas en l'absence de nombreux champions, a étonné le monde de l'athlétisme en faisant jeu égal avec les Etats-Unis au tableau des médailles (19) et ne cédant la première place qu'au total des médailles d'or, à l'occasion des 8e Mondiaux à Edmonton.

La délégation russe a ajouté six médailles à son total de Séville en 1999, le tout sans des stars telles que Tarasov, Privalova et Masterkova.

Le triplé des marcheurs (20 km) a déclenché une série de podiums jusqu'aux médailles de bronze du marathon féminin et du 4x400 m dames, en ouverture de la dernière des dix journées de compétition.

Les Etats-Unis ont dû leur salut à leurs 9 titres, soit trois de plus que les Russes. Mais s'ils ont augmenté leur total général de deux médailles, ils en ont perdu autant en or. Même au classement aux points, basés sur les finalistes, l'avantage américain n'est que de 17 points. De quoi inquiéter le leader de l'athlétisme US, Craig Masback, qui a lancé un appel au redressement. «Je pense que nous sommes toujours N°1, déclarait le président de la Fédération américaine. Il faut que nous découvrions la future génération et tentions de convaincre les athlètes qui sont tentés de passer à un autre sport».

LES PETITS PAYS ARMÉS

Mais la réflexion va au-delà de la menace russe.

«Notre sport est de plus en plus compétitif comme en témoignent les premières victoires de la République dominicaine (400 m haies) et du Sénégal (400 m), ainsi que la deuxième place du Cameroun (longueur dames), explique-t-il. Cela devrait être un avertissement suffisant pour nous pousser à faire notre boulot correctement».

Les «petits pays», notamment des Caraïbes, ont prouvé qu'ils étaient désormais armés pour rivaliser avec les «géants». Et pas seulement avec une ou deux individualités comme l'a prouvé la deuxième place du quatuor bahamien sur le relais 4x400 m.

Le Kenya (3e) a redressé la barre en reprenant le contrôle du fond (3000 m steeple, 5000 m et 10.000 m), tout comme Cuba (4e), grâce notamment au vétéran Ivan Pedroso, auteur d'une passe de quatre inédite à la longueur.

Individuellement, Edmonton a connu quelques chocs comme la défaite de l'Américaine Marion Jones sur 100 m et celle de l'Ethiopien Haile Gebreselassié sur 10.000 m. En se rachetant sur 200 m et avec le relais 4x100 m, Jones a réalisé le seul doublé en or des Mondiaux, portant son capital mondial à 7 (5 en or), soit à mi-chemin du record de la Jamaïcaine Merlène Ottey. Le tout à 25 ans seulement...

Touché par une blessure, son compatriote Maurice Greene a tout de même ajouté l'or du 100 m à son tableau de chasse. A 27 ans, il compte désormais 5 titres et n'est plus qu'à quatre longueurs du Texan Michael Johnson, l'homme le plus doré de l'histoire.

L'Allemand Lars Riedel a porté son total doré à cinq et, à 34 ans, ne semble pas décidé à raccrocher son disque. Pas plus que le Tchèque Jan Zelezny, encore capable de gagner au javelot avec une marque à 92,80 m.

Le Marocain Hicham El Guerrouj a fait dimanche ses adieux au 1500 m en accédant au trône pour la troisième fois de suite, décidé à chercher la gloire sur 5000 m dès les Mondiaux de 2003 à Paris.

L'OMBRE DE YEGOROVA

Les organisateurs français devront réfléchir à une uniformisation des contrôles antidopage concernant l'EPO. Il s'agit d'éviter une affaire identique à celle de la Russe Olga Yegorova, qui a gagné sous les sifflets samedi le 5000 m après avoir été autorisée à courir en raison d'un problème de procédure dans le contrôle positif effectué à Paris. Une large ombre sur la réussite de l'athlétisme russe... (AFP)

© La Libre Belgique 2001