La hiérarchie et la domination des pilotes italiens en MotoGP ont été confirmées dimanche à Valence, lors des dernières courses de l'ultime Grand Prix de la saison, où le Suisse Thomas Lüthi (Honda) a été sacré en 125cc. Des trois pilotes espagnols qui avaient décroché la position de pointe samedi à domicile, un record inédit, un seul a confirmé dimanche: Daniel Pedrosa, sacré le mois dernier à Phillip Island (GP d'Australie) en 250cc. Il a ainsi obtenu, avec sa 8e victoire de l'année, le Grand Chelem espagnol en s'imposant à Valence, après Jerez (GP d'Espagne, la première course de la saison) et la Catalogne (le 12 juin). Le Barcelonais Sete Gibernau, un des principaux rivaux de l'intouchable Italien Valentino Rossi en MotoGP, s'était bien juré d'obtenir sa première victoire d'une saison maudite à Valence. Las, la malchance l'a encore contrarié. Après un mauvais départ, alors qu'il avait arraché samedi sa 5e position de pointe de l'année, Gib cassait son moteur au 4e tour.

Rossi, qui avait chuté samedi et qui partait lui du 5e rang, montrait une fois de plus, de manière époustouflante, sa grande maîtrise du pilotage. Il doublait sept concurrents dès le premier tour, dû attendre deux tours avant de passer Capirossi, puis Biaggi dans la foulée, pour se hisser à la quatrième place derrière Checa.

Bloqué pendant deux tours derrière l'Espagnol, il finissait par le doubler et accélérait pour rattraper environ la moitié de son retard sur le duo de tête, Melandri-Hayden. Faire plus semblait impossible et le chevalier blanc se contentait alors d'assurer son 16e podium de la saison en 17 courses.

Certes Rossi n'a pas battu le fabuleux record de Doohan (12 victoires sur 15 courses en 1997), mais il a amélioré un record qu'il détenait, celui du nombre de points gagnés en une saison en le portant de 357 (en 2003, pour 16 courses) à 367, égalant au passage son nombre de podiums (16/16 en 2003 également).

Sa domination, qui fut quasiment sans partage (11 victoires, 3 deuxièmes places, 2 troisièmes places), risque de se prolonger en 2006 pour sa dernière année avec Yamaha, avant de signer peut-être chez Ferrari en Formule 1.

La domination italienne est encore plus outrageante pour les autres pilotes, lorsqu'on ajoute les deux victoires de Marco Melandri, en Turquie et à Valence, et celles de Loris Capirossi, vainqueur au Japon et en Malaisie. Le pilote Ducati, blessé en Australie et absent des deux derniers GP, a d'ailleurs récupéré, dimanche, sa 6e place du classement général aux dépens de... Gibernau, le maudit «le plus rapide de la saison», comme il s'était plu à le souligner, samedi. Seulement deux autres pilotes ont récupéré les miettes laissées par les Italiens: le Brésilien Alex Barros, vainqueur au Portugal (8e au final) et l'Américain Nicky Hayden (3e), à Laguna Seca (Californie/USA). Le renouvellement de génération changera un peu la donne en 2006, mais il faut souvent une année d'adaptation aux pilotes venus de la catégorie inférieure pour s'imposer en MotoGP. Et Rossi deviendra, sans contestation possible, le deuxième meilleur pilote de tous les temps derrière le légendaire Giacomo Agostini.

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