Les Etats-Unis ont rejoint le Canada en finale du tournoi olympique masculin de hockey en battant en demi-finale la Russie 3 à 2 dans un match qui sentait la poudre, vendredi à l'E-Center de Salt Lake City.

De son côté, le Canada a écrasé le Bélarus 7 à 1. Dans cette finale espérée par toute l'Amérique du Nord, les deux équipes tenteront de mettre fin à une longue disette.

Pour les Américains, la dernière médaille d'or date de 1980, année du "Miracle sur la glace" qui avait vu une équipe d'universitaires battre l'ogre soviétique dans le tournoi final à Lake Placid. Le dernier triomphe olympique canadien, lui, remonte à 1952.

Joueur légendaire, Wayne Gretzky, devenu manager général canadien, a bâti autour de Mario Lemieux une équipe de stars de la NHL, qui n'a d'autre objectif que l'or. Après un tournoi initial poussif, le Canada semble avoir trouvé la cohésion nécessaire pour relever le défi américain.

Les Américains ont passé un premier obstacle important en écartant les Russes, dont les dirigeants avaient sévèrement critiqué jeudi le favoritisme dont, selon eux, bénéficieraient les sportifs américains, menaçant même de quitter les Jeux.

L'opposition entre le jeu direct américain et celui, plus posé, fondé sur une domination territoriale, des Russes, était saisissante avec 38 tirs au but contre 11 dans les deux premiers tiers-temps. La furia américaine se révélait plus efficace.

Si les Russes ne tiraient pas avantage de leur première supériorité numérique, les Américains profitaient pleinement de trois situations identiques - qui donneraient sans doute du grain à moudre aux dirigeants russes - pour autant de buts par Bill Guerin (15:56), Scott Young (27:31) et Phil Housley (37:39). Le gardien Nikola௠Khabibulin multipliait pourtant les exploits, alignant 46 sauvetages.

A l'exception de deux numéros de dribbles de Sergue௠Fedorov (12e) et d'Andre௠Nikolishin (14e) qui se heurtaient au gardien Mike Richter, les Russes n'étaient guère dangereux et le match semblait joué jusqu'à un début tonitruant de troisième période.

Dès le coup d'envoi, Alexe௠Kovalev réduisait la marque profitant pleinement d'une passe longue (40:11) puis, dans la foulée, Vladimir Malakhov adressait un tir lointain du milieu de la patinoire qui passait entre les jambes de Richter (43:21). Le gardien américain empêchait l'égalisation russe sur une succession de tirs (50e) avant de s'interposer sur un tir de Fedorov (57e).

L'E-Center pouvait agiter ses bannières étoilées et le DJ diffuser à tue-tête le "Born in America", de Bruce Springsteen.