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Omnisports

La formation, potion magique française

A. V. d. L.

Publié le - Mis à jour le

Nos voisins français accumulent les bons résultats sportifs. C'est à en mourir de jalousie! Dans les disciplines collectives, la France ne brille pas uniquement sur les terrains de football. Le drapeau bleu-blanc-rouge flotte sur les plus hautes sphères, que ce soit en handball, tennis, basket, rugby ou volley... Si la petite Belgique ne peut soutenir la comparaison, nous pouvons néanmoins constater que l'Hexagone surclasse des pays de taille comparable tels que l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie et l'Angleterre. A l'inverse de ces derniers, nos voisins francophones sont présents presque sur tous les fronts. Est-ce un hasard? Rien n'est moins sûr.

Les raisons de ses succès sont multiples. L'âge d'or que rencontrent les Bleus s'explique tout d'abord par une volonté politique de soutenir le sport. L'exemple le plus représentatif demeure les centres de formation de football, lancés au début des années 80 grâce aux subsides de la République ou des municipalités, qui ont permis à la France de glaner une Coupe du monde et un championnat d'Europe des nations. Le football n'est pas un cas à part puisque, depuis 1990, chaque club de première division de basket (pro A) est obligé de posséder un centre de formation. Le match de l'équipe première est même précédé de la rencontre des espoirs (tous issus du centre de formation) en lever de rideau. Une tactique qui paye puisque dans le noyau qui a remporté la médaille d'argent aux Jeux olympiques à Sydney, 80 pc des joueurs provenaient d'un de ces centres.

DES CONDITIONS OPTIMALES

En plus des centres de formation régionaux, les sportifs disposent d'un Institut national du sport et de l'éducation physique (Insep). Ce magnifique bijou de quelque 34 hectares constitue un vivier de champions. Il accueille 850 athlètes de l'élite française et leur permet de concilier l'entraînement avec une formation scolaire, universitaire ou professionnelle. Aldo Canti, chargé de la communication à l'Insep, nous confie que `l'objectif de l'Institut est de former des futurs médaillés´

. Et il y parvient. La France lui doit ni plus ni moins que 21 des 38 médaillés de Sydney. Les plus connus se nomment David Douillet (judo), Laura Flessel (escrime), Florian Rousseau (cyclisme) et Brahim Asloum (boxe).

Cependant pour devenir un champion, il faut un bon maître. Et justement, la France en recèle une multitude. Les éducateurs suivent des formations très poussées et peuvent de la sorte inculquer leur savoir de la meilleure manière qui soit. La grande différence par rapport aux autres pays réside dans le fait que les éducateurs possèdent un statut. Celui-ci leur procure une reconnaissance nécessaire pour prendre en charge des talents pas toujours faciles à apprivoiser.

ÉMULATION

Les Tricolores connaissent donc une période faste. Celle-ci a été favorisée par l'organisation fréquente des différents événements internationaux sur le territoire hexagonal. Mais même quand les Français ont dû se déplacer à l'étranger, ils ont réussi à convaincre. Tous ces résultats extraordinaires ont engendré une culture de la victoire. Arnaud Lecomte, journaliste au quotidien français `L'équipe´ nous apprend que `les sportifs s'interdisent de perdre. Maintenant, ils entament une compétition en désirant la gagner´

. Il est indéniable qu'un changement s'est produit dans les esprits. Aujourd'hui les athlètes sont animés par une volonté de conquête. Arnaud Lecomte d'enchaîner: `Avant, les Français étaient considérés comme les plus beaux perdants. A présent nous sommes perçus comme des mauvais vainqueurs. A choisir je préfère notre situation actuelle.´

Néanmoins pour ce spécialiste du basket, la principale richesse de sa patrie reste son cosmopolitisme. `A l'inverse d'autres pays européens, nous jouissons des diverses origines qui composent notre population. Via ce métissage, nous disposons de joueurs athlétiques, en particulier en basket. Tous ces Noirs nous offrent un niveau de jeu supérieur grâce à leur constitution physique.´ Avec de telles performances, nos voisins peuvent se permettre un brin de chauvinisme. En continuant à mener une pareille politique sportive aussi ambitieuse, les Français ont certainement encore de belles années devant eux!

© La Libre Belgique 2001

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