Première Française à être sacrée championne olympique de descente en ski alpin, Carole Montillet a couronné mardi à Snowbasin (Utah) une carrière passée dans l'ombre des meilleures et une saison hantée par le souvenir de sa coéquipière Régine Cavagnoud.

A 28 ans, la Française n'était montée jusqu'à ce jour qu'une seule fois sur la plus haute marche d'un podium. C'était en février 2001, dans le Super-G de Coupe du monde de Garmisch-Partenkirchen (Allemagne).Le 31 octobre, le décès accidentel de Cavagnoud, championne du monde de Super-G, a bousculé les données d'une saison qui devait être, pour Montillet, celle de la confirmation.

Propulsée chef de file de l'équipe de France féminine, la jeune femme a eu du mal à assumer son nouveau rôle et les évocations constantes de la championne disparue. Distancée en Coupe du monde, auteur d'un seul podium, dans le Super-G de Lake-Louise (2e), au Canada, en début de saison, Carole avait récemment craqué et pris le large.

Le 28 janvier, au lieu de s'envoler pour la Coupe du monde d'Aare en Suède, elle s'est envolée pour San Diego (Californie) pour prendre du recul. Une tactique finalement payante. `J'ai jugé préférable de me reposer mentalement et physiquement pour tout donner sur le dernier gros objectif de la saison: une médaille olympique´, expliquait-elle en arrivant à Salt Lake City, peu avant de porter le drapeau tricolore devant quelque 120 athlètes lors de la cérémonie d'ouverture.

Entrée en équipe de France au début des années 1990, Carole Montillet a d'abord poussé dans l'ombre d'une autre Carole, Merle, championne du monde de géant en 1993. Cette même année, Montillet signait son premier podium en Coupe du monde, troisième de la descente de Lillehammer (Norvège).

Quatrième du Super-G des Championnnats du monde 1997, cinquième en 2001, Montillet a longtemps collectionné les places d'honneur jusqu'à sa course parfaite de Snowbasin, qui lui vaut, après douze ans de carrière, la plus convoitée des récompenses. (AFP)

© La Libre Belgique 2002