La France a conclu en fête les Jeux Olympiques d'hiver grâce au doublé historique de ses slalomeurs Jean-Pierre Vidal et Sébastien Amiez, qui ont empoché l'or et l'argent, samedi, à l'issue d'une course folle. Vidal a construit son succès olympique en établissant le meilleur temps de la première manche, avec 36 centièmes d'avance sur le favori américain Bode Miller, mais loin devant tous les autres, perdus dans le bas du parcours rendu encore plus difficile par la neige infâme du redoux.

`J'étais parti pour me faire plaisir. Sur la première manche, j'avais l'impression de voler entre les piquets. Je savais que Bode Miller pouvait faire une seconde manche de folie. Quand il est sorti, j'ai compris que je n'avais plus qu'à finir. Encore fallait-il le faire´, a expliqué le médaillé d'or.

Mercredi, JP était venu encourager sa soeur aînée Vanessa, septième du slalom dames. Il en avait profité pour se mettre dans l'ambiance de la compétition et reconnaître la piste des yeux. Elle lui avait plu immédiatement, `avec sa pente et son dévers pied gauche, comme dans mon stade d'entraînement à La Toussuire´.

Elle lui avait aussi rappelé le mur de Kranjska Gora (Slovénie), sur lequel il avait triomphé pour la première fois en Coupe du Monde, en décembre dernier.

Vidal, c'est l'histoire d'une famille de champions. Le cousin de sa mère, Jean-Noël Augert, champion du monde 1970 à Val Gardena (Italie), a été naturellement son premier maître ès skis en Maurienne.L'histoire a rattrapé la famille, avec la complicité d'Amiez. Le duo a égalé, 34 ans après, Jean-Claude Killy et Guy Périllat, qui avaient réalisé le doublé en descente aux JO de Grenoble. Depuis, seul le cousin Jean-Noël et Patrick Russel avaient fait aussi bien aux Mondiaux de 1970.

La médaille d'argent de Bastoune, seulement 9e de la manche initiale, est emblématique d'une résurrection. `C'est une consécration, après tous les problèmes de santé (NdlR: douleurs au dos récurrentes) que j'ai connus´, a soufflé le Savoyard auteur d'une seconde manche époustouflante.

`Maintenant que j'ai cette médaille, je ne vais plus skier que pour le plaisir´, a-t-il déclaré.Il n'a pas oublié de rendre hommage à Régine Cavagnoud, la championne du monde de super-G disparue tragiquement il y a bientôt quatre mois. Avec Pierrick Bourgeat, tombé dans la seconde manche, Amiez a certainement souffert de l'ascension de Vidal, qui a bouleversé la hiérarchie établie depuis plusieurs années.Blessé en mars 1999 aux deux genoux, à la suite d'une chute lors d'un entraînement de la descente des championnats de France à La Clusaz, il était encore un inconnu en début de saison. Hier, il fêtait son 25e anniversaire. Il ne pouvait rêver plus merveilleux cadeau...

(AFP)

© La Libre Belgique 2002