Omnisports

La gym belge en plein flou artistique

NICOLAS LEMBREE

Publié le - Mis à jour le

Quatre des six gymnastes de l’équipe masculine, qui étaient présélectionnés pour les championnats du monde de gymnastique artistique, ne se rendront finalement pas à Gand. A quelques jours de la compétition (du 28/10 au 04/11), la Belgique ne sera donc pas représentée dans l’épreuve par équipe. Maarten Caluwaerts, Mathieu Danero, Arnaud Pauquet et Jean-Mathieu Zeeberg sont les quatre sportifs visés par cette décision de la Commission nationale de la Fédération belge de gymnastique. Seuls deux hommes restent donc pour présenter les épreuves individuelles: Gunther Couckuyt et Pierre-Dominique Frère.

QUELLES VÉRITABLES RAISONS ?

Sur les six hommes présélectionnés, quatre étaient francophones. Et ce sont trois d’entre eux qui se sont retrouvés sur la touche suite à cette décision. Décision qui plonge la fédération dans une situation délicate, car les motivations invoquées ne semblent pas satisfaire tout le monde.

En février dernier, la Commission technique et le Comité de coordination avaient arrêté une condition pour la sélection aux championnats. Les garçons devaient obtenir un minimum de 50 points en individuel et de 200 points en équipe, cela lors de quatre compétitions: le championnat de Belgique, les universiades, et deux matches internationaux au choix (dans ce cas-ci, contre les Pays-Bas et le Danemark). Selon la Commission, c’est lors de ces deux derniers événements que l’équipe s’est montrée en mauvaise forme (197 points au Danemark, le 13 octobre dernier). Mais du côté de l’Association francophone de gymnastique (AFG, branche francophone de la fédération), on affirme que les règles ont été changées. Adolphe Gaillard, secrétaire général de l’AFG, explique: “Selon les règles instaurées en février, la sélection ne demande de minima que dans une seule des quatre compétitions. Lorsqu’on fixe des minima, on doit les respecter, et si on les atteint, on ne peut plus les modifier.”

La branche flamande de la fédération, la Turnliga, affirme au contraire que le rapport contenant ces règles était provisoire, et qu’après chaque olympiade, une nouvelle norme est adoptée.

Pour prendre ses décisions en matière de compétition internationale, les deux branches de la fédération doivent se réunir au sein d’une Commission technique paritaire (cinq néerlandophones, cinq francophones). “Un francophone a voté comme les Flamands,poursuit M. Gaillard, parce qu’il pensait aussi que les gymnastes n’étaient pas en forme. Je ne pense pas qu’il y ait vraiment de problème communautaire. Il s’est passé la même chose avec une Flamande, aux championnats de Madrid.”

ENCORE DES GROS SOUS ?

Le problème, c’est peut-être au niveau budgétaire qu’il faut le chercher. En effet, le Bloso, équivalent flamand de l’Adeps, subventionne la Turnliga, en fonction du classement des gymnastes. Jean-Luc Deloof, directeur technique de l’AFG, confie:“Ça doit être le fond du problème, même si ce n’est pas clairement exprimé. Le Bloso espérait des Belges un classement vers la moitié. Mais ça n’est pas possible pour nous. Les autres équipes sont des pros, qui s’entraînent deux fois par jour…”

Pour sa part, la Vlaamse Turnliga estime que seuls certains dirigeants de la fédération belge croient à cette histoire de budget. “La vraie préoccupation, c’est d’avoir un certain niveau à montrer aux autres pays, explique Alain Cousement, président du groupe “gymnastique artistique hommes” de la VLT. Il ne faut pas oublier que ce sont les dirigeants nationaux qui ont cette responsabilité. S’il n’est pas bon, c’est dommage pour les gymnastes. C’est d’ailleurs d’eux et de leurs parents que doivent venir les réactions problématiques.”

Dans cette optique, on imagine sans peine la réaction des deux sportifs, Arnaud Pauquet et Mathieu Danero, qui se sont malgré tout rendus à Gand pour se faire accréditer, et qui ont découvert eux-mêmes leurs noms rayés de la liste.

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