E n l'espace de cinq minutes, mercredi, le Français Alain Bernard et l'Australien Eamon Sullivan ont tour à tour établi un nouveau record du monde du 100 mètres nage libre.

Aux JO, l'épreuve de natation voit les records tomber les uns après les autres.

Ces prouesses attirent tous les regards mais suscitent aussi toutes les interrogations. Raphaël Orban, cadre sportif et technique de la Fédération francophone de natation nous explique quels sont les différents facteurs qui entrent en jeu dans ce phénomène.

L'entraînement. "Il est un fait que les JO représentent une compétition particulière pour laquelle chaque sportif se prépare de façon optimale."

Mais les techniques d'entraînement ont également évolué. "Des caméras placées sous l'eau filment le nombre de coups de bras sur une longueur. Et en observant ce genre de détail, les entraîneurs corrigent la technique des nageurs afin de les rendre plus performants."

Les combinaisons. Particulièrement gainantes, "les combinaisons Speedo permettent aux nageurs de mieux glisser dans l'eau".

Elles sont, en outre, dotées d'inserts en polyuréthane qui augmentent la flottabilité.

Pour autant, n'est pas champion qui veut. "Cela n'a pas empêché Laure Manaudou qui avait revêtu pour l'occasion une combinaison ultra-moderne, de se planter", ajoute M. Orban

Une polémique a sévi entre les partisans et les adversaires de ces combinaisons, les seconds estimant qu'elles faussaient la donne. Si cette polémique n'est pas éteinte, il faut retenir que la Fédération internationale de natation (Fina) a décidé d'homologuer ces "secondes peaux artificielles" en janvier 2008.

Cependant, si les athlètes belges enfilent ces combinaisons sans crainte à Pékin, d'autres nageurs s'exposent à des ennuis avec leur équipementier en prenant le risque d'abandonner leur matériel au profit d'une tenue signée Speedo.

Le Water Cube. Les aménagements de la piscine olympique de Pékin contribuent à leur façon aux exploits des nageurs. "La profondeur de 3 mètres est identique à tout endroit de la piscine, ce qui permet d'éviter aux vagues du fond de remonter. Quant aux débordements d'eau, ils sont immédiatement dirigés à l'extérieur de la piscine."

Et le dopage ? Le fléau est connu du monde sportif mais en natation, on en parle peu. Pourtant, "il y a autant de contrôles antidopage chez les nageurs que parmi les sportifs inscrits dans d'autres disciplines. On en effectue aussi lors de compétitions en Belgique", précise Raphaël Orban.

Et d'ajouter, "les sportifs sont suivis bien avant les Jeux, et par leur fédération et par les instances de lutte antidopage."

Certaines mauvaises langues pourraient être tentées d'expliquer le peu de cas de dopages décelés chez les nageurs par le simple fait que les produits dopants sont inopérants dans une telle discipline.

A cela, l'expert répond en se demandant pourquoi tant de nageurs y ont eu recours pendant les années 70 à 80.

Mais afin de tenter d'éviter les soupçons, certains nageurs, à l'instar de l'Américain Phelps adhèrent au programme "Believe"; qui crée des bases de données sanguines et hormonales sur des sportifs volontaires. (st.)

© La Libre Belgique 2008