L’assurance dans sa voix semble refléter un nouvel état d’esprit, signe que le sportif a repris le dessus sur tous les dossiers qui ont parasité sa progression ces derniers mois. Après avoir quitté le groupe d’entraînement de Jacques Borlée, Adrien Deghelt semble avoir déjà trouvé ses marques sous la direction du Français Vincent Clarico, son "référent", et de Jonathan Nsenga, le détenteur du record de Belgique du 110m haies.

"Jonathan et Vincent collaborent bien ensemble. Mes entraînements sont entièrement axés sur les haies et je n’ai plus d’autre souci que celui de chercher à m’améliorer", explique le Namurois, qui fêtera ses 29 ans le 10 mai.

Comprenez par là que le dialogue est rétabli avec la Ligue francophone et que les problèmes d’ordre financier - un aspect qui, admet-il, était devenu"source de stress" - ont été réglés. "J’ai insisté afin d’être remboursé, avant mon départ pour les Etats-Unis avec Jonathan Nsenga, des frais engagés la saison dernière et ce fut bien le cas. C’est, du reste, de l’argent auquel j’avais droit."

Un retour à la normale, après une période particulièrement troublée, qui ne lui fait cependant pas regretter la décision d’avoir quitté Jonathan Nsenga, à l’issue de la saison 2012, pour rejoindre les Borlée.

"Dans un certain sens, ce changement d’horizon m’a fait du bien et je vais garder beaucoup de choses de mon passage chez Jacques Borlée, surtout dans la manière de travailler, au niveau de la mobilité par exemple. Je continue d’ailleurs dans cette voie-là. Vincent Clarico, lui, savait déjà comment je fonctionnais mais il a fallu que je m’ouvre à Jonathan à propos de quelques nouveautés dans mon approche. Le principal pour moi est de continuer à évoluer sans blessure, ce qui avait été le cas toute la saison dernière avant cette fichue déchirure au niveau des abdos, survenue au plus mauvais moment (NdlR : entraînant son forfait pour les championnats du monde de Moscou). J’espère connaître cette fois une saison sans le moindre accroc."

Adrien Deghelt n’en fait pas mystère : ce qui lui manquera le plus, c’est le collectif dans lequel le Namurois s’était fondu au stade Fallon. "Avant d’être mes partenaires d’entraînement, les Borlée et Damien(Broothaerts) étaient mes potes !", dit-il. "Alors c’est sûr que l’esprit de groupe va me manquer. Car à l’entraînement, hormis des exercices comme la pliométrie, nos séances étaient très différentes. Maintenant, voilà, il a fallu faire un choix, qui s’explique par un ensemble de choses…"

Maîtriser le départ en sept appuis

Fort d’un stage de 22 jours à Tallahassee, où il a rejoint sa compagne Anne Zagré, puis d’un séjour d’une semaine à Lloret de Mar, à Pâques, avec le groupe d’entraînement de Vincent Clarico, Adrien Deghelt estime être sur la bonne voie en cette année de Championnats d’Europe particulièrement importante. "En Floride, Jonathan était là les premiers jours et, à son départ, il m’a laissé un planning d’entraînement que je me suis attaché à respecter scrupuleusement, avec l’aide des coaches de la FSU, Ken Harnden et Brandon Hon. On a fait du bon travail, comme lors de mon stage en Espagne du reste."

Au plan technique, l’athlète, qui se partage entre Bruxelles et Namur, continue de tenter de maîtriser le départ en sept appuis - un aspect qui est devenu le credo de nombreux hurdlers de premier plan - mais la transition ne sera pas pour tout de suite. "Je n’ai pas abandonné l’idée mais c’est une technique qu’il faut pouvoir maîtriser totalement avant de la mettre en pratique et je sens que ce n’est pas encore mon cas. Peut-être que quand je serai en forme, cela finira par passer. En attendant, je continue donc à travailler en huit appuis."

S’il effectuera sa rentrée en compétition à l’occasion des Interclubs, le 11 mai prochain, le premier gros rendez-vous du Namurois est fixé à… Jambes, le 28 mai, à l’occasion du meeting Atletissima. "Entre les deux, je passerai quelques jours à Paris chez Vincent Clarico. Il a un bon petit groupe d’entraînement, avec deux/trois coureurs de haies qui se débrouillent bien." Laurent Monbaillu