La Nouvelle Zélande a déroulé un rugby d'école samedi à Marseille, lors de son premier match du Mondial (Gr.C), face à des Italiens branchés sur courant alternatif, d'abord fantomatiques pendant vingt minutes avant de retrouver quelques vertus et de "limiter la casse" à 76-14.

La Squadra Azzurra, coutumière des punitions de cet acabit face aux Blacks, a donc été la première d'une liste certainement longue de "petites" nations du rugby dépassée par la réputation, le rythme, la technique des grands de l'ovalie.

Le haka ? Même pas peur. Pendant que les Blacks exécutaient leur champ guerrier dans un Stade Vélodrome envoûté, les Italiens s'enlaçaient en rond au centre du terrain, sans vouloir y prêter la moindre attention. Une posture comme une autre pour ne pas se mettre à regarder des hommes qu'il fallait défier. Mais cet instant de fierté n'a pas suffi, le match ne commença en réalité qu'à la 23e minute.

Les Italiens se mirent à enchaîner quelques mouvements au large, à s'acheter un peu de conviction voire à faire reculer les Blacks sur quelques impacts. Le Vélodrome, enfin, assistait à un match de rugby. Mais le score était alors déjà de 38 à 0.

McCaw et Sivivatu par deux fois, et Howlett, s'étaient déjà écroulés dans l'en-but et chacun craignait le pire, tant les Italiens semblaient hors-sujet, certes dépassés par la machine All Black mais surtout dépassés par eux-mêmes, la peur, la fébrilité, donnant à l'occasion l'impression d'être pris de vitesse sur leurs propres mouvements de jeu.

Passes au pied millimétrées pour les ailiers, relances sur les ballons perdus, simples coups de reins qui distançaient leur adversaires, les Blacks montraient qu'ils évoluaient bien deux ou trois divisions au-dessus de leurs adversaires du jour.

Les Italiens, si convaincants lors du dernier Tournoi des Six nations, affichaient pour leur part de drôles de limites pour une équipe qui vise les quarts de finale de la compétition.

A 43 à 7 à la reprise, les enjeux n'étaient plus les mêmes. Les Blacks devaient éviter la blessure et les Italiens retrouver un groupe, un état d'esprit, un sens du combat.

Perturbés par l'exclusion temporaire du pilier Carl Hayman, les Néo-Zélandais rentraient plus difficilement dans la seconde période et ne traversaient la défense adverse qu'au bout de dix minutes, sur une accélération de Chris Jack au centre du terrain (50-7).

Howlett signait ensuite deux autres réalisations, en s'offrant le premier hat-trick de la compétition et en totalisant 46 essais pour son pays, autant que le record de Christian Cullen.

Carter, Kelleher, McCaw sortaient pour donner du temps de jeu à de brillantes doublures mais le match, décousu, ne ressemblait plus à grand-chose.

Collins (67 et 69e) parachevait un tableau d'affichage devenu anecdotique, contre un essai de Mirco Bergamasco qui donnait aux Italiens un score à deux chiffres. Presque flatteur.

La prochaine "victime annoncée" des Blacks sera le Portugal le samedi 15 septembre à Lyon.