ENTRETIEN

Voté à l'unanimité par le parlement de la Communauté française, le décret «Sport en Santé» va maintenant entrer en vigueur. Quels seront ses objectifs? Nous avons pour cela interrogé le Professeur Xavier Sturbois, Président du département des Sciences du sport et de la santé du Comité Olympique et Interfédéral Belge (COIB).

En quoi consiste exactement ce nouveau décret?

C'est un décret un peu neuf dans le sens où il n'est pas axé que sur l'aspect répressif; il comprend également une dimension à la fois préventive et prospective. L'objectif est avant tout de développer la santé par la promotion du sport.

Mais ce décret concerne également la lutte contre le dopage?

Il est bien sûr impossible de parler de prévention sans parler de dopage.

En matière de sanctions, ce décret comporte des articles répressifs - mais dépénalisants - à l'égard des sportifs, au contraire des personnes qui contribuent à la pratique du dopage de quelque manière que ce soit, qui sont elles exposées à des sanctions pénales. D'une manière plus globale, ce décret devrait conduire à une plus grande responsablisistation de la part des différentes fédérations en matière de protection de la jeunesse. Car la lutte contre le dopage ne concerne pas que la répression; c'est avant tout une question d'éducation.

Quelles sont, désormais, les nouvelles étapes à franchir?

Il s'agit maintenant, avant toute chose, de mettre sur pied la Commission francophone de promotion de la santé dans la pratique du sport, qui servira de relais entre les fédérations, le gouvernement et les instances chargées de l'application de la loi. Ce n'est que lorsque cette Commission fonctionnera à son plein régime qu'elle sera en mesure d'être à la fois le conseiller et l'audit du gouvernement, tout en constituant une sorte de baromètre de la situation générale du sport en communauté française.

Ce genre de disposition existe dans le nord du pays depuis un certain temps déjà. Les mesures sont-elles comparables?

Oui, dans le sens où dans le nord du pays également, c'est la composante «lutte anti-dopage» du décret qui prédomine dans l'esprit du pratiquant.

Peut-on en conclure que la perception du public à l'égard de ce décret est particulièrement restrictive?

C'est, en quelque sorte, la nature du Belge. A l'égard d'une nouvelle loi, le citoyen a pour réflexe de retenir plus facilement les mesures qui sont contraignantes que celles qui sont constructives, c'est ainsi. Le domaine du sport n'a pas fait défaut à cette observation. La pratique sportive se situe pourtant, en Belgique comme ailleurs, à un tournant très important de son histoire: il s'agit de donner à l'activité physique ses lettres de noblesse en apportant un éclairage significatif au public sur les mesures de prévention contre le dopage.

© La Libre Belgique 2001