Qu’Ole Einar Björndalen soit le meilleur biathlète de l’histoire, plus personne n’en doute. Le Norvégien "cannibalise" la discipline avec une telle voracité et depuis tellement d’années qu’il a inscrit son nom dans les livres d’histoire.

A 36 ans, le Scandinave n’est pourtant pas rassasié. S’il ne skie plus pour le prestige, qu’il a fait sien depuis longtemps, Björndalen poursuit d’autres objectifs, statistiques ceux-là. A Vancouver, sa principale ambition sera de détrôner son compatriote Daehlie, l’ancien empereur du ski de fond, au titre d’athlète le plus titré de l’histoire des JO d’hiver. Record à battre : douze médailles, dont huit en or. Sur les pistes de Whistler, Björndalen disposera de cinq courses pour dépasser ce total, sa collection personnelle comprenant déjà neuf "breloques" en quatre participations aux JO : cinq en or, trois en argent et une en bronze. "Ce sera difficile de prendre ce record à Daehlie, a prévenu Björndalen. Je serais déjà satisfait avec deux médailles."

Un objectif qui s’inscrit dans une certaine routine pour ce guerrier monté sur spatules qui affiche également pas moins de 93 succès en Coupe du monde, huit "Globes" de n°1 mondial et quatorze titres mondiaux. Sa domination sur une discipline qu’il a finie par incarner est telle que l’homme a ressenti le besoin d’apporter quelques modifications dans son approche de la compétition.

Fort d’une expérience de seize années passées sur le circuit, il a notamment changé sa position au tir à l’automne, comme pour se lancer un nouveau défi, ceux lancés par la concurrence ne suffisant manifestement plus à titiller son orgueil de champion. "C’est ennuyeux de ne jamais rien changer", sourit-il, concédant avoir pris possession de la carabine de son épouse, l’ancienne biathlète italienne Nathalie Santer, qui acheva sa carrière sous les couleurs de la Belgique.

Une chose paraît certaine : le Norvégien devra sortir le grand jeu pour sortir vainqueur du duel générationnel qui l’opposera à son jeune compatriote Emil Hegle Svendsen, double champion du monde en 2008. Dans le pire des cas, "OEB" pourra se rattraper à Sotchi, en 2014, puisqu’il a quasiment arrêté sa décision de ne ranger sa carabine qu’après la prochaine échéance olympique.