Elu président du Comité olympique et interfédéral belge en décembre dernier, Pierre-Olivier Beckers a présenté, hier, après 100 jours de «règne», sa vision pour les prochaines olympiades. «D'un point de vue politique, je souhaite intensifier la collaboration avec tous les acteurs du sport dans notre pays, y compris les communautés, explique-t-il. D'un point de vue sportif, je veux mettre l'accent sur le haut niveau afin de permettre à nos meilleurs athlètes de réussir les meilleures performances possibles. Huit millions d'euros seront ainsi consacrés aux JO de Turin et de Pékin. D'un point de vue stratégique, enfin, je veux libérer les budgets nécessaires pour permettre aux jeunes talents belges de prospérer et de se préparer dans des conditions optimales pour les Jeux de 2012 ou de 2016.» L'administrateur délégué du groupe Delhaize, habitué à relever des défis, se veut optimiste. Il a fait du sport sa priorité, n'hésitant pas à jeter aux oubliettes le projet de son prédécesseur François Narmon de construction de nouveaux bâtiments pour le COIB. «Financièrement, le COIB se porte bien. Nos réserves étaient de 11 millions d'euros fin 2003? Et nous pouvons compter sur la fidélité de nos sponsors. Il y a moyen de travailler efficacement...»

Efficacité: voilà le mot-clé du nouveau patron du sport belge. Ses armes? La compétence, le dialogue, l'esprit d'équipe, l'engagement et des structures solides et transparentes. L'homme n'hésite pas à déléguer mais vérifie les résultats de chacun. Ses proches sont étonnés d'ailleurs du long temps qu'il passe, entre deux réunions ou deux voyages aux Etats-Unis, dans les bureaux de l'Avenue de Bouchout.

Pierre-Olivier Beckers est conscient de la difficulté de certains dossiers. Comment, par exemple, baliser, dans le paysage sportif national, le rôle des communautés? «Je voudrais créer une vision commune tout en gardant des stratégies adaptées qui tiennent compte de l'approche et des spécificités de chacun. Le sport de haut niveau pourrait par exemple être un vecteur commun...»

Un sport belge conquérant

Passionné de sports depuis son plus jeune âge, Beckers rêve d'un sport belge conquérant avec «une plus grande délégation aux Jeux, plus de médailles et plus de finalistes...» Il préconise, pour cela, une politique de sélection qualitative et sévère. Mais le président n'est pas naïf. Il sait que la Belgique accuse, dans ses structures, un évident retard, notamment vis-à-vis du voisin hollandais. D'où la volonté de mettre en place ce fameux plan ABCD qui doit permettre à nos jeunes espoirs de prospérer d'ici les JO de 2012 et 2016. «Avec l'aide de la Loterie Nationale et des trois communautés, nous allons libérer plus de 27 millions d'euros. Il s'agit d'un investissement à long terme dont les dividendes ne seront pas immédiats. Mais c'est indispensable...»

© Les Sports 2005