Comme le révèle l'étude de la Communauté française, le cannabis est le produit dopant le plus retrouvé dans les urines des sportifs. Mais peut-on considérer que fumer un joint est assimilable à du dopage?

«Un produit dopant est censé améliorer les performances, explique le Dr Isidore Pelc, qui préside la Cellule de Santé Publique en matière de drogue. Or, le cannabis n'est pas assimilable à de l'EPO. En effet, le cannabis est un sédatif, qui détend les muscles. L'utilisateur se sent mieux psychiquement, il se détend. Cela n'agit pas réellement sur ses performances. Il peut soit être tellement déstressé, qu'il se concentre moins sur ce qu'il a à faire. Ou le fait d'être moins stressé le rendra plus performant.»

Le stress semble donc être le facteur principal qui pousse un sportif à fumer un joint. Quand on connaît les sommes qui peuvent être associées aux gains ou pertes de points, on comprend le stress du sportif. «Le problème c'est que fumer un joint est passé dans les moeurs, continue le Dr Pelc. C'est devenu un fait de société. Le stress est indispensable à la compétition, mais il faut trouver le juste milieu. Je le répète: un joint ne peut pas être réellement considéré comme un produit dopant. Toutefois ce n'est pas à moi de dire ce qui doit être sur la liste des produits interdits...»

Tel est pris...

La proportion de consommateurs de drogues douces n'est pas plus importante dans le basket-ball que dans d'autres sports. Une frange d'adeptes du ballon orange s'attache néanmoins à un style de vie importé des Etats-Unis, et dans lequel la fumette est vue comme presqu'aussi naturelle que d'aller prendre un verre avec des amis...

Dans notre championnat de Belgique (puisqu'on ne parlera pas ici des nombreux cas observés en NBA), comment ces quelques jeunes amateurs de drogues douces (il s'agit de quelques cas isolés!), parmi lesquels on retrouve régulièrement des rookies fraîchement débarqués des Etats-Unis, peuvent-ils dès lors combiner leur consommation de cannabis - dont on peut retrouver des traces pendant plusieurs semaines - et la pratique de leur sport sans risquer de se faire prendre? «Ils ont simplement recours à un produit dit masquant, qu'ils importent eux-même des USA, nous répond un des joueurs clean de notre championnat. Ce produit miracle (un liquide) est consommé après avoir fumé, et permet d'effacer toute trace de consommation de cannabis. Le problème, c'est que les contrôles permettent aujourd'hui de détecter ce produit masquant, ce qui met évidemment la puce à l'oreille, et engendre des examens plus approfondis...»

Tel est donc pris qui croyait prendre...

quinze jours avant un match. Mais s'est-il pour autant dopé? (BELGA/AFP)

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