Le triple champion olympique en quête

d'un titre mondial

ANVERS Pieter Van den Hoogenband (29 ans) était dans la Métropole en janvier pour le Flemisch Open. Un déplacement pas bien long puisque le champion olympique, Minouche et leur bébé habitent en Belgique à Haumont-Achel (Limbourg). Si on s'y prend longtemps à l'avance, le champion olympique accorde avec gentillesse des interviews, minutées par son attaché de presse se muant en garde du corps.

Pieter attendait ces Mondiaux avec impatience. Normal dans la mesure où le triple champion olympique n'a jamais pu décrocher un seul titre mondial. À Perth en 1998, il monta sur le podium mais pas sur la plus haute marche; en 2001 à Fukuoka, Thorpe (200) et Ervin (100) lui brûlèrent la politesse tandis qu'il était malade à Barcelone 2003 et relevait d'une opération au dos à Montréal 2005.

"Mais un titre de champion du monde est une médaille en chocolat par rapport à une médaille d'or olympique. Je ne me mets donc pas de pression particulière," dit-il. Et ce d'autant qu'il n'a pas exclu de participer aux Mondiaux 2009 à Rome. "Je verrai comment je me sentirai après Pékin." Car les Jeux, ses quatrièmes à Pékin, comme la place qu'il obtint sur 100 libre à Atlanta, c'est son seul et unique objectif de fin de carrière. Il peut, tout comme Grant Hackett ou Ian Thorpe s'il n'avait pas remisé son maillot, entrer dans l'histoire du sport. Jamais un nageur n'a remporté trois titres olympiques consécutifs dans une même discipline. VdH (100) et Hackett (1.500) peuvent donc figurer au panthéon sportif s'ils l'emportent à Pékin.

"J'y verrai plus clair après Melbourne, poursuit le Néerlandais. En fait, j'ai dû beaucoup plus travailler après mon opération (hernie) au dos il y a deux ans. En plus du travail physique normal, j'ai dû aussi me concentrer sur la technique. Avec mes problèmes de dos, j'avais pris de mauvaises habitudes. Je nageais mal car j'essayais de compenser mes problèmes dorsaux. Mon torse et mes mouvements de bras n'étaient plus en adéquation. Je devais doublement m'exercer pour finalement obtenir le même résultat. J'ai dû recouvrer le rythme et la fréquence qui furent les miens lors de l'établissement du record du monde du 100 m (47.84 aux JO de Sydney). Ce ne fut pas simple, mais je pense y être arrivé. Et puis, il restera un an et demi avant Pékin."

À Melbourne, la semaine prochaine, VdH se contentera des 100 et 200 libre. Et il en ira vraisemblablement de même à Pékin.