ENVOYÉ SPÉCIAL À ATHÈNES

Voilà, c'est fini... Gella Vandecaveye ne sera jamais championne olympique. Battue par la Slovène Urska Zolnir, puis par la Cubaine Driulis Gonzalez, elle a quitté le tatami le coeur gros mais sans larmes... Notre compatriote n'a pas réussi à relever le défi qu'elle s'était lancé, le 5 juin, en décidant, quatre mois après avoir stoppé le judo, de prendre part à ses quatrièmes JO. Mais Gella est sortie la tête haute, ce mardi, après avoir prouvé que, malgré ses 31 ans, elle pouvait toujours rivaliser avec ses jeunes adversaires.

«Un combat de rue!»

Double championne du monde, septuple championne d'Europe, Gella Vandecaveye a donc livré son dernier combat international. «J'ai presque réussi! lance-t-elle. Mais cette Slovène ne me convient pas. Avec elle, ce n'est pas du judo, c'est un combat de rue! La dernière fois que je l'avais rencontrée, c'était en 2001, à Munich, quand je suis devenue championne du monde pour la 2e fois. Je me souviens être passée par le chas de l'aiguille.»

De fait, Gella l'avait emporté à la décision (2-1). Après avoir battu la Brésilienne Ishii en... 44 secondes, Gella «joua» avec la Grecque Tampasi pour atteindre les quarts de finale où, surprise, elle retrouva donc Zolnir qui était venue à bout de la Cubaine Gonzalez, épouvantail de la catégorie. «Que ce soit l'une ou l'autre, je savais que ce serait serré! enchaîne la Courtraisienne. En -63kg, la concurrence est énorme. Mais bon... J'étais bien partie! Et, surtout, sans complexe, malgré mes quatre mois d'inactivité. Alors, j'ai attaqué. Malheureusement, elle m'a contrée. Il n'y a rien à dire.»

Réconfortée par Eddy Vinckier, son fidèle entraîneur, mais aussi par François Narmon, Robert Van de Walle et Eddy De Smedt, Gella a pu mesurer combien elle bénéficiait de l'affection ainsi que du respect de tous. «Je suis déçue, bien sûr, mais je pense avoir réussi une belle sortie, même si j'aurais préféré que ce soit avec une médaille autour du cou.»

Mais voilà... Depuis son échec aux Championnats du monde, l'an dernier, à Osaka, Gella était lasse du judo. La goutte d'eau qui fit déborder le vase fut le premier rendez-vous qualificatif, fin janvier, à Moscou, où elle prit la décision de tourner la page. «Je ne prenais plus aucun plaisir, que ce soit à l'entraînement ou en compétition! confirme Gella. Il était donc inutile de continuer.»

Elle se reconvertit, alors, dans les relations publiques, rendant aux sponsors qui l'avaient soutenue pendant sa carrière sportive ce qui lui avaient apporté. Jusqu'à l'Euro où la perspective de prendre part aux Jeux vint, à nouveau, la hanter. «Sincèrement, je n'ai aucun regret! J'ai essayé. Sans succès. C'en est fini. Je vais maintenant pouvoir boire et manger. Visiter Athènes. Bref, passer à une autre partie de ma vie.»

Une partie qui devrait l'emmener, en fin d'année, au Paris-Dakar (avec Jacky Loomans) et, plus tard, aux quatre coins du monde.

© Les Sports 2004