Forcément, l'ambiance était un peu lourde hier après-midi au siège du Comité olympique et interfédéral belge. Secouée de toutes parts depuis les révélations faites mardi par le quotidien "De Morgen" sur un présumé carrousel financier, la première instance sportive belge a apporté quelques réponses à toutes les questions nées de cette affaire dont tout le monde se serait bien passé.

Soupçonné d'utiliser de l'argent à d'autres fins que celles du sport de haut niveau, le COIB a, en tout cas, calmé le jeu après la tempête de ces derniers jours. On ne peut lui reprocher, aujourd'hui, de ne pas avoir battu sa coulpe hier. Son président, Pierre-Olivier Beckers a, en effet, confirmé que "certaines erreurs avaient été commises mais toujours dans le strict respect de la loi".

Ces fautes, donc, ont trait à l'utilisation qui était faite des revenus issus des tombolas. "Ces dernières reposent sur un arrêté royal et sont autorisées par l'Intérieur, explique Pierre-Olivier Beckers. Tout cela a toujours été fait dans les règles et nous regrettons fortement que des informations, souvent erronées, aient semé le doute quant à notre volonté de transparence. Il n'a jamais été question de carrousel financier ou de malversations. De telles accusations ont nui au sport belge dans sa globalité et nous ne pouvons que le regretter."

Certes, reste que le COIB devait, hier, également répondre à la question de l'éthique. Est-il logique qu'une partie de ces revenus contribue à la location de loges et de business-seats dans des enceintes sportives ? On peut, en tout cas, franchement se poser la question.

Pierre-Olivier Beckers ne l'a pas évitée. "Nous avons appris des choses et tiré les leçons de toute cette histoire, précise-t-il. Même si nous avons toujours gardé les deux pieds dans la légalité, nous avions sans doute mal évalué les risques de cette utilisation des revenus de tombolas. Oui, je peux comprendre que le grand public cherche où est l'intérêt du sport là-dedans. Nous avons la possibilité, aujourd'hui, de devenir plus forts. Ne la laissons pas passer !"

Rassurer les ministres

Le Comité directeur du COIB a, par conséquent, pris deux mesures concrètes. Il a interdit l'utilisation des revenus issus des tombolas dans la location de loges et autres business-seats. "En septembre 2005, nous avions déjà effectué un pas dans ce sens, poursuit Beckers, car nous avions dit qu'il n'y aurait plus d'intervention financière pour les boissons et la nourriture." D'autre part, le COIB se soumettra désormais à un audit interne permanent.

Enfin, l'audit externe demandé par les ministres Anciaux et Eerdekens, qui ont suspendu les subsides de leur Communauté respective, sera effectué par un bureau indépendant. Ses conclusions devraient être connues le 1er juin prochain.

"J'en attends aussi les résultats avec impatience", conclut Pierre-Olivier Beckers, qui espère rassurer au plus vite les deux ministres et ainsi retrouver le sourire par la même occasion.