Amorcé depuis deux saisons, le lent déclin crépusculaire de l’Américain Pete Sampras, astre du tennis mondial, s’est accéléré considérablement en 2001.

De nombreux signes en témoignent. Battu en quarts de finale du tournoi de Stuttgart par le Bélarus Max Mirnyi, Sampras a arrêté prématurément sa saison très creuse après cette défaite, le 19 octobre. Seulement dixième du classement ATP, il n’était pas qualifié pour la première fois depuis onze ans pour le Masters de Sydney.

Auparavant, il avait subi la loi du jeune Suisse Roger Federer en huitièmes de finale du tournoi de Wimbledon. En l’occurrence, Federer, sixième joueur seulement à pouvoir s’enorgueillir de l’avoir battu sur le gazon londonien, mit fin à une série de trente et une victoires de l’Américain dans son tournoi de prédilection. Cela faisait dix ans que le maître des lieux n’avait pas été éliminé avant les quarts de finale.

Quelques semaines plus tard, il capitulait en finale de l’US Open, 7-6 (7/4), 6-1, 6-1, face à l’Australien Lleyton Hewitt, de dix ans son cadet. «C’est incroyable, la rapidité de ce gamin! J’aimerais avoir un peu de ses jambes », commenta-t-il à propos de celui qui, un an plus tôt, lors de son premier match au Masters de Lisbonne, lui avait infligé le premier 6-0 en 280 matches depuis 1996. Au cours de la précédente finale de l’US Open, Sampras avait déjà été laminé par le Russe Marat Safin 6-4, 6-3, 6-3.

Aucun titre en 2001

A son palmarès de l’année 2001 ne figure aucun tournoi du Grand Chelem pour la première fois depuis 1992. Pis! il n’a ajouté aucun titre aux 63 qu’il possédait déjà, ce qui ne lui était pas arrivé depuis 1989, sa dernière victoire remontant l’année dernière à Wilbledon. Et il n’a pas participé à la Coupe Davis.

Contre toute évidence, il n’en a pas moins continué de proclamer qu’il avait l’intention «de revenir souvent à Wimbledon » et que son «désir de vaincre était intact ». En réalité, sa quatorzième saison professionnelle a démontré que les efforts déployés pour repousser la meute attachée à sa perte de N.1 mondial, de 1993 à 1998 sans interruption, l’avait usé psychologiquement.

Repu d’honneurs et d’argent, de plus en plus souvent absent, Sampras, qui a passé le cap de la trentaine le 12 août, n’est guère physiquement dans de meilleures dispositions. A ses problèmes de dos et aux tendons d’une cheville, se sont ajoutées des douleurs au bras droit.

De telle sorte que, en plus des jeunes loups qui se disputent sa succession, ceux qui brandissent son scalp comme une aubaine seront bientôt plus nombreux que les cordes de sa raquette. Les modestes espagnols Alberto Martin, Galo Blanco et Alex Calatrava, ainsi que l’Israélien Harel Levy, ont figuré parmi ceux-là cette saison, au cours de laquelle il n’a compté que 35 victoires pour 16 défaites et obtenu son plus mauvais classement depuis 1989.

Marié depuis le 30 septembre 2000 à l’actrice Bridgette Wilson, revenu parmi son clan familial à Los Angeles, il fait aujourd’hui un peu figure de vieux lion assoupi. Jusqu’à quand s’efforcera-t-il encore de rugir?