LIÈGE Derrière les grands événements se cachent généralement des hommes d'envergure. Philippe Saive en fait partie. Si la Coupe du Monde de tennis de table pose ses valises à Liège, de vendredi à dimanche, dans un Country Hall sorti de terre juste à temps pour le match Belgique-Slovaquie, ce mardi, c'est, en grande partie, grâce à l'investissement de tous les instants dont a fait preuve le frère de Jean-Michel. Pour la bonne cause, celle d'un sport dont l'intérêt dans la partie francophone du pays n'a pas fléchi...

Philippe Saive, présentez-nous nous la Coupe du Monde en quelques mots...

«Pour les pongistes, il s'agit tout simplement de la troisième compétition par ordre d'importance après les Jeux Olympiques et les Championnats du Monde. La Coupe du Monde, qui en est à sa 25e édition, accueille les 16 meilleurs joueurs de la planète. Dont fait toujours partie Jean-Michel...»

Quel est le budget global dont vous disposez?

«Il s'élève à un million d'euros. C'est le résultat de négociations entamées avec des partenaires privés et publics, dès 2002, lors de la rencontre entre la Belgique et la Chine. Lorsque j'ai obtenu le feu vert de leur part, je me suis ensuite tourné vers la Fédération internationale où j'ai, alors, introduit une candidature ferme. Le contrat, lui, n'a été signé qu'au mois de décembre 2003.»

On imagine aisément que la tenue d'un tel événement ne se fait pas sans mal...

«C'est un défi exceptionnel. Le chantier nous a occupés pendant près de deux ans mais il est à la hauteur de nos ambitions. Mais le plus gros challenge, c'était sans doute de faire face au défaitisme ambiant et de dépasser les a priori négatifs venus d'un peu partout. En Belgique, j'ai malheureusement l'impression qu'on n'accepte pas la réussite. Aux Championnats de Belgique, début mars, des représentants de la Fédération nous voyaient encore mal gagner notre pari. Et pourtant...»

Quand avez-vous songé à assumer l'organisation d'événements?

«Cela fait cinq ans que je m'investis dans le managment sportif. Je m'inscris dans une politique de développement des grands événements. Pour cette Coupe du Monde, davantage que mes contacts dans le milieu, j'ai mis à profit ma propre expérience. Les vingt années passées sur le circuit m'ont permis de disputer des centaines de compétitions et de m'intéresser à l'envers du décor. Et ma nature perfectionniste me pousse à soigner les moindres détails de l'organisation même si je sais qu'au final, on ne peut maîtriser la qualité du produit sportif. Si Jean-Michel ne passe pas les quarts de finale, le tournoi ne sera toutefois pas raté pour autant. Le plateau est de qualité.»

À quelques heures de l'inauguration du Country Hall, nourrissez-vous encore quelque inquiétude?

«Non, mon équipe (NdlR: cinq personnes) gère les dernières difficultés, de type pratique essentiellement. Les horaires d'arrivée à l'aéroport, les réservations à l'hôtel, etc. Nous serons fin prêts!»

par Laurent Monbaillu

d'organisateur de la Coupe du Monde. Celle-ci se déroule de vendredi à dimanche au Country Hall. (PHOTO NEWS)

© Les Sports 2005