L'histoire des sœurs Mardini ressemble à celles de milliers de réfugiés venus en Europe pour fuir le conflit syrien, à l'exception d'une chose: l'une d'elles, Yusra, participera aux Jeux Olympiques de Rio cet été.

De Damas à Beyrouth, en passant par Istanbul puis Izmir, la fuite des deux réfugiées sera surtout marquée par la traversée de la mer Égée pour rejoindre l'île de Lesbos appartenant à la Grèce. Embarquées sur un bateau de fortune pour effectuer la traversée au côté de 20 autres passagers, les sœurs syriennes se rendent compte que leur moyen de locomotion commence à prendre l'eau. Quelques minutes plus tard, le moteur lâche. Sarah, l'aînée, et sa petite sœur Yusra prennent la décision de se jeter à l'eau pour terminer la traversée à la nage à côté de l'embarcation afin de l'alléger en poids. Trois heures plus tard, les compagnons de galère arrivent finalement sains et saufs sur l'île de Lesbos... Un semi-miracle déjà.

Désormais en Allemagne après un long périple, à travers l'Europe cette fois, les deux sœurs finissent par faire la connaissance d'un entraîneur allemand, Sven Spannekrebs, qui accompagnera Yusra Mardini, 18 ans, jusqu'aux sélections olympiques. Pendant qu'elle traversait la mer Égée, la cadette avoue avoir pensé "ça serait une honte pour moi de mourir noyée, parce que je suis une nageuse." Vendredi dernier, à Berlin, le Comité International Olymique a révélé la liste des dix sportifs sélectionnés pour composer l'équipe dite des "réfugiés".

Cette sélection de sportifs réfugiés est une nouveauté dans l'histoire des JO. Une idée émanent du président du CIO, Thomas Bach, après sa visite dans un camp de réfugiés d'Athènes. Yusra Mardini espère profiter de sa chance en décrochant une médaille : "Mon objectif et mon rêve, c'est d'avoir une médaille d'or aux Jeux olympiques. Après ça ira, j'arrêterai de nager."