Les années se suivent et, décidément, se ressemblent pour Usain Bolt, plébiscité pour la cinquième fois depuis 2008, en tant qu’Athlète de l’année Une première quand même pour lui, ce samedi, à Monaco, puisque le sprinter jamaïquain était accompagné de sa compatriote Shelly-Ann Fraser-Pryce, souvent citée mais jamais élue malgré ses deux titres olympiques sur 100 m, en 2008 et 2012.

Cette fois, tant le grand Bolt que la petite Fraser-Pryce pouvaient se targuer de solides arguments avec leurs trois titres mondiaux (100, 200 et 4 x 100 m) décrochés à Moscou.

Encore en lice avec la Néo-Zélandaise Adams et la Tchèque Hejnova, Fraser-Pryce s’est logiquement imposée pour succéder au palmarès à l’Américaine Allyson Felix.

L’opposition semblait plus conséquente pour Bolt avec le Britannique Farah et l’Ukrainien Bondarenko. D’origine somalienne, Farah a réussi le même doublé (5 000 - 10 000 m) au Mondial moscovite que celui signé "chez lui", à Londres, lors des Jeux olympiques. Quant à Bondarenko, il a permis à sa discipline, la hauteur, de retrouver des sommets inconnus depuis près de vingt ans et le record du monde du Cubain Javier Sotomayor (2,45 m), auquel l’Ukrainien s’est attaqué à quelque trois reprises cette saison.

Malgré ces superbes performances, le jury est, encore et toujours, sous le charme d’Usain Bolt, dont la seule année blanche (2010) fut causée par une blessure et l’éclosion d’un autre génie des pistes, le Kenyan Rudisha, nouveau recordman du monde du 800 m (1.41.09) cette année-là.

Il n’empêche, si elle répond toujours présent lors des rendez-vous internationaux, la star jamaïquaine paraît marquer le pas chronométriquement, ses deux records du monde datant déjà de 2009, à Berlin.

A ce constat, deux explications : le poids des années et l’absence de concurrence. Agé de 27 ans, Usain Bolt est actif depuis 2001 déjà et, avec sa morphologie hors du commun, n’est pas à l’abri de blessures qui viendraient compromettre son ambition de nouveau triplé olympique en 2016. Les contrôles positifs de Gay et de Powell conjugués à la saison noire de Yohan Blake lui ont ôté toute pression et lui ont permis de gérer sa suprématie actuelle.

A 26 ans, Shelly-Ann Fraser-Pryce n’est, elle, pas obsédée par le chrono, les records du monde de Florence Griffith-Joyner (10.49 et 21.34) étant tout simplement inaccessibles. Qu’à cela ne tienne, malgré une suspension de six mois, en 2010, suite à un contrôle positif, la petite Jamaïquaine méritait bien de figurer au palmarès.