Commencée avec le trentenaire américain Andre Agassi bissant sa victoire à Melbourne, la saison 2001 du tennis s’est achevée avec l’Australien Lleyton Hewitt s’emparant précipitamment à vingt ans de la place de N.1 mondial.

Esquissé depuis quelque temps, le grand tournant des générations tient tout entier dans ce raccourci. Avec, au beau milieu, la victoire paradoxale du Croate Goran Ivanisevic à Wimbledon, arrivée au moment le plus inattendu et intervenant comme une belle leçon d’espoir pour tous les jeunes que la réussite fuit comme elle l’avait fui depuis 1992.

Wimbledon où, symboliquement, un jeune Suisse de dix-neuf ans mit un terme en huitièmes de finale à la série de trente et une victoires consécutives de l’Américain Pete Sampras sur la gazon londonien. Avant ce coup d’éclat, Roger Federer n’avait jamais foulé le central, où Sampras entretenait l’illusion d’avoir une concession à perpétuité.

Quelques semaines plus tard, pour que les choses soit tout à fait claires, Hewitt estourbissait Sampras en 1 heure 54 minutes en finale de l’US Open. «C’est désormais le meilleur relanceur du monde, meilleur qu’Andre (Agassi) », commentait Sampras à propos de ce qui ressemblait fort à une double passation de pouvoir.

Hewitt n’allait en effet pas tarder à succéder à Sampras et Agassi au sommet de la hiérachie mondiale. Auparavant, il avait éliminé en quarts de finale à l’issue d’un match en cinq sets superbe un jeune Américain de dix-huit ans pour lequel New York, se détournant de ses amours anciennes, avait les yeux de Chimène.

Hewitt, Riddick et deux filles belges

Non content d’avoir un énorme talent, cet Andy Roddick a beaucoup de coeur. Un courage authentique qui le rend très sympathique, comme on avait pu s’en apercevoir à Roland-Garros où, perclus de crampes, il avait fini par terrasser son toujours coriace compatriote Michael Chang au deuxième tour avant d’être contraint en dernière extrémité à l’abandon face à Hewitt au tour suivant.

Celui-ci était en concurrence avec Agassi et le Brésilien Gustavo Kuerten, représentant de la génération intermédiaire vainqueur pour la troisième fois à Roland-Garros, pour le titre de N.1 mondial avant le Masters organisé à Sydney. Il l’emporta haut la main en triompant du Français Sébastien Grosjean en finale.

Grosjean fut de nouveau battu par Hewitt en finale de la Coupe Davis à Melbourne. Ce qui n’empêcha pas la France de défaire les Australiens sur gazon. Une victoire plus surprenante que celle des jeunes Belges Justine Henin et Kim Clijsters dans une finale madrilène de la Fed Cup privée des Américaines.

Avant de déclarer forfait pour des raisons de sécurité, Jennifer Capriati, Venus et Serena Williams avaient raflé les quatre titres du Grand Chelem et le Masters. Reste que Clijsters, finaliste à dix-huit ans à Roland-Garros, et Henin, finaliste à Wimbledon à dix-neuf ans, ont pris position pour la saison prochaine.

Il faudra attendre plus longtemps l’éclosion du talent de Jaden Gil, un bébé né le 26 octobre à Las Vegas. Mais, si les lois de l’hérédité se vérifient, cela devrait faire un fameux champion. Il a en effet pour parents Andre Agassi et Steffi Graf.