Il a indiqué comprendre cette décision et remercie l'ancien Premier ministre japonais pour les efforts qu'il a déployés ces dernières années. "Le CIO respecte pleinement la décision du président Mori de se retirer et en comprend les raisons", précise Thomas Bach sur le site du CIO. "Dans le même temps, nous tenons à le remercier pour sa contribution exceptionnelle, au cours des dernières années, à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques reprogrammés de Tokyo 2020. Parmi ses nombreuses réalisations, le président Mori a contribué à faire de Tokyo la ville olympique la mieux préparée de tous les temps. Le CIO continuera à travailler main dans la main avec son successeur pour assurer la tenue, en toute sécurité, des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en 2021"."

L'Australien John Coates, vice-président du CIO et président de la commission de coordination de Tokyo 2020, qui a, à ce titre, collaboré directement avec M. Mori a déclaré : "Tout au long de nos huit années de collaboration, le président Mori a été un dirigeant solide et efficace, à qui l'on pouvait toujours faire confiance pour trouver des solutions, même dans les circonstances les plus difficiles de la pandémie de Covid-19. La coopération avec le président Mori a été exceptionnelle. Je tiens à le remercier pour tout son soutien et son dévouement".

Le CIO souligne encore qu'il "a été informé et se félicite du fait que le comité d'organisation suivra la procédure établie afin de désigner le nouveau président" et se dit "encouragé par le fait que le directeur général (du TOCOG, NDLR), Muto Toshiro, assurera la continuité de l'organisation et de la livraison de ces Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020.

L'actuelle ministre japonaise en charge des Jeux, Seiko Hashimoto, elle-même ancienne Olympienne, est considérée comme l'une des candidates sérieuses pour remplacer Mori.

Le 3 février, au cours d'une réunion avec des responsables du Comité olympique japonais, M. Mori avait déclaré que les femmes "ont du mal" à être concises dans leurs interventions lors des réunions "ce qui est embêtant". Et d'ajouter qu'au sein du comité d'organisation des JO de Tokyo "nous avons sept femmes (sur les 35 membres du conseil d'administration, NDLR), mais elles savent rester à leur place."

Ces propos avaient provoqué une forte réaction de désapprobation au Japon. Après avoir présenté dès le lendemain ses excuses, M. Mori avait écarté l'idée de démissionner. Le CIO avait dans un premier temps estimé l'incident clos avant de juger ces propos contraires aux idées olympiques. L'affaire était loin d'être terminée. Une pétition a rassemblé plus de 110.000 signatures réclamant des sanctions à l'encontre du patron des JO 2020. Sous la pression, Yoshiro Mori, 83 ans, a effectué vendredi le pas de côté attendu. Il occupait son poste depuis 2014.

Cette démission tombe mal, à moins de six mois de l'ouverture des Jeux prévue le 23 juillet, alors que l'opinion publique japonaise est de plus en plus opposée à la tenue de l'événement. Un sondage mené par l'agence de presse japonaise Kyodo au cours du week-end dernier a révélé que 47 % des personnes interrogées pensent que les Jeux Olympiques et Paralympiques devraient être à nouveau reportés en raison de la pandémie de coronavirus, tandis que 35 % pensent que les Jeux devraient être annulés. A peine 14 % des sondés ont déclaré qu'ils devraient se tenir comme prévu.