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Omnisports

Le sport auto belge est malade

Olivier de Wilde

Publié le - Mis à jour le

La Formule 1 n'est pas la seule à traverser une crise profonde. Au niveau de notre sport automobile aussi, on souffre. Et si les licenciés amateurs sont toujours plus nombreux à se faire plaisir en provincial, nos championnats nationaux, que ce soit le rallye, le New Procar ou le Belcar sont de plus en plus moribonds. Seules les coupes de promotion, plus accessibles financièrement, ont encore la cote en Belgique.

Depuis plusieurs mois, on attend donc que le New RACB dirigé par John Goossens insuffle un nouveau souffle à nos compétitions. Mais après un banquet de tables rondes et un calendrier 2003 très provisoire publié prématurément, les premiers résultats des travaux des dirigeants de notre sport automobile se font attendre. Promises fin juin, les réglementations pour 2003 n'ont toujours pas été divulgées. Pour les importateurs, les préparateurs et les pilotes, il y a urgence.

Pourquoi cela traîne-t-il autant? Tout simplement parce que les organisateurs ne parviennent pas à se mettre d'accord entre eux, les plus nantis refusant de se faire imposer des mesures ne bénéficiant qu'aux plus petits. Pour éviter le clash, la Commission Sportive Nationale doit donc user de diplomatie et devra accepter certains compromis à la belge.

Pas facile, car au sein même de la commission les avis divergent, les présidents sportifs ne partageant pas toujours les visions du nouveau staff dirigeant du RACB. `J'ai entendu qu'on ne m'aimerait plus trop au RACB, avoue Paul Kumpen, président néerlandophone de la CSN depuis trois ans. On me reprocherait ma trop grande expérience, mes implications diverses, notamment à Zolder ou via mon team GLPK. C'est peut-être pour cela que je ne me sens plus vraiment impliqué dans le jeu.´

Une saine évolution

Le président serait-il sur le point de donner sa démission? `S'ils me la demandent, peut-être. Si c'est pour le bien du sport, certainement. Mais qu'on me montre d'abord ceux qui vont faire mieux que nous. Depuis que les professionnels sont arrivés, je n'ai pas l'impression que c'est encore l'idéal. Le sport auto belge va encore vivre des saisons difficiles à cause d'une période de récession énorme. C'est dur aujourd'hui de diriger un team car l'argent est rare.´

Mais quelle est alors la solution? `Travailler sur ce qui va mal sans casser ce qui marche. A quoi cela sert-il de multiplier les tables rondes si c'est ensuite pour imposer ses idées? Collaborons! Ne pas toucher à Zolder, Delettre ou Thévelin. Il faut préserver leurs sponsors, leurs organisations. Il en va de leur survie. Ce n'est pas une bonne idée de venir avec un package sponsoring ou un partenaire média unique comme ils veulent le faire. Il y a déjà des contrats en cours.´

Fidèle à sa politique, Kumpen prône donc une évolution, pas la révolution. `En circuit, il faut laisser le Belcar comme il est, en ouvrant simplement une catégorie Silhouette avec un règlement technique leur permettant d'être plus compétitive (mais jamais autant qu'une Viper). Gardons l'endurance GT-Tourisme et laissons les sprints aux Clio ou Yaris, le tout rassemblé dans six supers meetings, trois à Zolder et trois à Francorchamps. En rallye par contre, c'est bien de mettre l'accent sur les Super 1600, la seule catégorie intéressant encore les importateurs.´

Hélas, avec des budgets pour une saison oscillant entre 250000 et 450000 €, c'est déjà plus cher que la Silhouette, dans les tarifs d'une WRC première génération. Et tout aussi impayable pour les privés, les seuls sur lesquels on doit pourtant compter en ces moments difficiles.

Alors plutôt que de se diviser, serrons-nous donc les coudes pour affronter la crise. L'union est la seule force qui nous reste encore...

© Les Sports 2002

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