Il aura suffi de trois spéciales, à peine un peu plus de 60 km contre le chrono, pour permettre à Sébastien Loeb de s'installer confortablement en tête du Rallye de Sardaigne, 6e épreuve du Championnat du Monde. Après le feu de paille allumé par le jeune mais toujours trop fougueux Latvala, éphémère premier leader avant de perdre 1'40 suite à une crevaison causée par une légère sortie de route, le pilote Citroën a signé deux meilleurs temps pour achever la première boucle avec 22 secondes d'avance sur son équipier et surtout près de 39 sur Mikko Hirvonen. À midi, la messe était déjà dite. D'autant que le héros local, Gigi Galli, auteur du "scratch" dans l'ES4, avait déjà lui aussi perdu pas mal de temps (1'12) et de places suite à une crevaison lente. " Seb" Loeb pouvait donc déjà dormir dans le beau fauteuil qu'il a forgé puis consolidé hier après-midi, son avantage sur la première Ford grimpant à près d'une minute. "Il va maintenant falloir gérer cela durant les deux prochains jours en évitant les crevaisons," analysait le quadruple champion du monde.

Heureux de céder le balai à son rival dans la course au titre, Mikko Hirvonen ne se sentait pas capable de récupérer le temps perdu hier. "L'objectif est de remonter deuxième tout en maintenant une certaine pression sur Loeb," racontait le Finlandais après une matinée "très difficile. Je n'avais aucun grip. Cela glissait beaucoup. Pas moyen d'aller plus vite."

Au point d'être même provisoirement devancé par la Subaru d'un Petter Solberg devançant, une fois n'est pas coutume, son jeune équipier Chris Atkinson. Mais, comme le soulignait Sébastien Loeb lui-même, la course était encore loin d'être finie. Et l'Alsacien, piégé l'an dernier à l'issue de la 2e étape alors que la victoire lui tendait les bras, se gardera bien cette fois de vendre la peau de l'ours. Par respect, sans doute, pour celui qui restait déjà son principal voire son seul adversaire : le terrain. Ne pas commettre de faute, ne pas sortir de la route, préserver la mécanique, ne surtout pas crever et rester prudent même en liaison. Quand on ne peut plus lancer toutes ses forces dans la bataille pour assurer un résultat indispensable, les journées passées à balayer la poussière peuvent paraître bien longues...