Dans le contexte de ce stage préolympique, comment ressentez-vous le changement de statut dont vous avez fait l’objet en quatre ans ?

Jonathan : Personnellement, j’ai l’impression d’être toujours le même qu’il y a quatre ans ! Je suis toujours animé de la même motivation. L’avantage de ce stage, c’est qu’on travaille tous ensemble avec le même objectif, les Jeux Olympiques. On forme un bon groupe, on s’encourage les uns les autres. Et si Kevin et moi, on peut aider quelqu’un, c’est avec plaisir qu’on le fait.

L’expédition en Islande appartient donc au passé ?

Kevin : Mon pouce s’en souvient encore ! (rires)

Jonathan : Non, on n’oublie pas ça du jour au lendemain. Bien sûr, on a plus l’habitude de ce climat-ci, au soleil, que de celui qu’on a connu en Islande. Ici, à Lanzarote, on s’entraîne dur aussi mais à la fin de la journée, on regagne notre chambre, on prend une douche et on passe à autre chose.

En quoi ce team-building dans le grand Nord va-t-il vous aider ?

J. : Cette expérience va nous aider en tout. Avec le groupe, on a fait face à des tempêtes et tout s’est finalement bien passé, c’est ce qu’il faut retenir. C’était une épreuve physique et mentale qu’on a partagée et dont on est sortis plus forts.

K. : Les sensations exactes que l’on éprouvait durant la traversée sont difficiles à décrire. La souffrance physique, on savait déjà ce que c’était et le ski, ça allait encore. Ce n’était pas facile du tout mais, en cours de route, on faisait une petite pause et on repartait. Mais ce sont tous les à côtés, le froid, l’humidité, etc. qui étaient difficiles à gérer, surtout mentalement. Heureusement, Alain Hubert a fait en sorte de nous mettre en confiance et de nous rassurer quand il le fallait.

Vous arrive-t-il de douter des choix posés par votre père ?

J. : On ne lui fait pas une confiance aveugle. On aime, au contraire, dialoguer, poser plein de questions, comprendre l’intérêt de chaque chose que l’on fait pour être convaincu que l’on travaille de la bonne manière. Si papa parvenait à nous prouver que marcher dans le désert pendant deux semaines est un moyen de parvenir à progresser encore, on le ferait sans hésiter !

La coupure de cinq semaines après la saison passée vous semble-t-elle suffisante ?

J. : Oui, on avait envie de reprendre ! Entre-temps, on a perdu du poids, de la masse musculaire.

Kevin, deux mois et demi après Daegu, profitez-vous enfin de votre médaille ?

J’ai profité de mes vacances, ça oui ! (rires) Honnêtement, la médaille, pas beaucoup. Je pense plus aux JO qu’à cette troisième place. Avec un peu de recul, c’est génial de se dire qu’on a pu atteindre nos objectifs. Mais comme je l’ai dit après Barcelone (NdlR : où il est devenu champion d’Europe du 400 m), en 2010, le grand rendez-vous reste les Jeux.

Quel aspect sera le plus difficile cette saison ?

J. : Peut-être le fait qu’il n’y aura pas de coupure avec l’indoor. C’est un choix, la saison estivale commençant plus tôt, mais ce sera quand même difficile. Dans le passé, ça faisait du bien d’avoir le 4x400 pour couper un peu l’entraînement, et travailler plus spécifiquement. Mais priorité aux Jeux.