Des premiers Jeux de 1920 aux années 2000, les Belges se sont illustrés lors de cet événement majeur pour les sportifs que sont les Jeux olympiques. Retour sur dix héros belges. 


Hubert Van Innis, le Belge le plus médaillé de l’histoire

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D’accord, aux JO de 1920 à Anvers, au sortir de la guerre, peu de nations (29) étaient représentées, et beaucoup d’athlètes avaient hélas perdu la vie durant le conflit. Les disciplines peuvent aussi paraître insolites, comme la lutte (ou le tir) à la corde ! Mais tout de même, le nombre de médailles récoltées par la Belgique aux Jeux d’Anvers reste impressionnant (36). Et sur ces 36, six sont récoltées par Hubert Van Innis. Aux Jeux de 1900 à Paris, cet archer en avait déjà récolté trois. Cela en fait le Belge le plus médaillé de l’histoire. Au niveau international, dans son sport du tir à l’arc, il détient toujours le record du nombre de médailles olympiques. Auxquelles ce natif de Zemst accordait peu de valeur : il les distribuait au premier venu.


Axel Merckx, là où le père a échoué

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La médaille olympique, c’est la seule qui manque à l’immense palmarès du “Cannibale”. Eddy Merckx ne participa qu’une fois aux JO, à Tokyo, en 1964. Alors qu’il avait remporté le championnat du monde à Sallanches, il échoue un peu plus tard aux Jeux olympiques. Mais, après avoir attaqué, des crampes le font terminer douzième au sprint final. Passé professionnel, il ne pourra plus jamais participer aux JO. Tout juste 40 ans plus tard, son fils Axel est au départ de la course en ligne olympique à Athènes. La course est indécise jusqu’à l’avant-dernier tour, d’où émergent Paolo Bettini et un Portugais. Mais, alors que les caméras se concentrent sur le duo de tête, surprise : Axel Merckx parvient à s’extraire du peloton et termine troisième. “Sur la fin, mon cœur battait plus vite que normalement”, confiera son père, qui commente la course en direct à la VRT. Axel, lui, considérera cette troisième place comme l’une des “victoires” majeures de sa carrière.


Les lauriers de Justine Henin

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Personne n’attendait grand-chose de Justine Henin cette année-là aux JO d’Athènes en 2004 : elle était fortement affaiblie par un cytomégalovirus. Mais on connaît la niaque de la Rochefortoise. Elle arrive en demi-finale contre la Russe Anastasia Myskina; dans le troisième set, elle est menée 5-1. “Pas question de revenir demain pour se battre pour la médaille de bronze”, se dit Justine Henin. Elle livre alors une bataille d’anthologie et revient sur son adversaire. La finale – et la victoire – contre Mauresmo sera quasi une formalité.


Les très longs 400 Mètres d’Étienne Gailly

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Nous sommes le 7 août 1948, il est un peu plus de 17h30, le Belge Etienne Gailly, après 2 heures 30 de marathon, fait son entrée seul dans le stade de Wembley. Il lui reste 400 m à parcourir. Depuis le départ, il est en tête et s’apprête à présent à remporter la médaille d’or. Mais d’un coup, l’épuisement des quelque 41 km parcourus semble s’abattre sur lui : ses mouvements se ralentissent, on le dirait paralysé sur la piste. Et son poursuivant fait irruption dans le stade et le dépasse ! Etienne Gailly jette un regard angoissé derrière lui : un deuxième rival apparaît, et celui-ci le dépasse également. Mais Gailly continue de “courir”, en boîtant. Voici enfin la ligne d’arrivée : il s’effondre, hagard, dans les bras d’un soigneur. Il quitte le stade sur une civière, mais avec la médaille de bronze. Ce marathon s’inscrira dans la légende des JO.


L’or de Fred Deburghgraeve

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Cette victoire était encore présente dans les esprits des nageurs belges cette année à Rio. L’or de Frederik Deburghgraeve aux JO d’Atlanta en 1996 a marqué le pays. Le titan a la tête rasée avait remporté le 100 m brasse. Son coach ? Un certain Ronald Gaastra, qui est à présent celui… de Pieter Timmers, médaille d’argent vingt ans plus tard à Rio. Mais Gaastra ne veut pas comparer : “Fred était le grand favori. Je n’ai pas pensé une seule seconde qu’il rate la médaille d’or. C’est plus une surprise maintenant.” Et d’ajouter : “Je vais encore devoir continuer vingt ans pour décrocher le bronze.


Reiff, le dernier à battre Zatopek

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Aux JO de 1948, le coureur de fond Gaston Reiff n’arrive pas sous les meilleurs auspices : il a manqué d’entraînement, après avoir été renversé par une voiture. Et il doit affronter un redoutable Tchécoslovaque, Emil Zatopek. C’est d’ailleurs celui-ci qui, dès le début du 5000 m, donne le rythme. Mais Gaston tient la cadence. Et tente même à 3 500 mètres une échappée, que Zatopek ne suit pas. Le Brainois accélère. Brusquement le public hurle : Zatopek est en train de revenir, à toute vitesse… “Sans cette clameur, je ne me serais jamais rendu compte du retour fracassant de Zatopek. J’ai puisé dans mes dernières réserves pour tenir le coup”, rapportera plus tard Reiff. Au terme d’un sprint acharné, et avec moins d’un mètre d’avance, le Belge décroche à 27 ans la première médaille d’or obtenue par un athlète belge. Ce sera aussi le dernier à devancer Zatopek, qui fut littéralement imbattable durant la décennie suivante. Ce qui n’empêcha pas une très profonde amitié entre les deux hommes.


L’ultime exploit d’Ivo Van Damme

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Les courses d’Ivo Van Damme aux JO de Montréal ? “Le plus grand exploit de l’histoire du sport belge”, juge Gilles Goetghebuer, rédacteur en chef de la revue sportive “Zatopek”. Non favori, le jeune homme de 22 ans arrache tout d’abord l’argent au 800 mètres. Revenu comme un boulet de canon sur un Cubain légende des Jeux, il est même tout près de décrocher l’or. Il réédite l’exploit en 1500 mètres, où il pulvérise son record personnel, et frôle à nouveau la première place. “Une course incroyable.” Hélas, quelques mois plus tard, en décembre 1976, le grand athlète barbu perd la vie dans un accident de voiture. Sans cette mort prématurée, il aurait eu, selon Gilles Goetghebuer, “le plus fantastique palmarès de l’athlétisme belge” et aurait pu rivaliser, voire faire mieux que Sébastian Coe et Steve Ovett, les deux athlètes qui écrasèrent la concurrence les années suivantes.


Robert Van de Walle, l’olympien

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Pour toute une génération de Belges, il est sans doute le symbole de “l’olympien”. Le judoka Robert Van de Walle a participé à cinq jeux olympiques. L’apothéose : en 1980 à Moscou, où il remporte l’or de haute lutte contre un judoka russe, dont il avait étudié le jeu durant deux ans, afin de pouvoir le surprendre au moment idoine. “Dans la victoire ou la défaite, les JO ont fait de moi ce que je suis”, dit-il.


Gaston Roelants, le roi du cross

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Avant les Kenyans et les Ethiopiens, il y a eu… les Belges ! La Belgique, avant la vague africaine dans la course de fond, était l’une des meilleures nations du cross. Et parmi les nombreux crossmen belges, il y avait Gaston Roelants. Illustrant cette domination belge, il remporte la médaille d’or du 3000 m steeple aux JO de Tokyo en 1964.


“Jean-Mi”, la médaille de la longévité

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Non pas cinq comme Robert Van de Walle, mais sept. C’est le nombre d’Olympiades auxquelles a participé le pongiste Jean-Michel Saive. Mais sans remporter une seule médaille, sauf celle de la longévité olympique belge (ex aequo avec le tireur à la carabine François Lafortune). La participation à Atlanta (1996) fut la plus décevante, et même la plus grande déception de sa carrière. “Jean-Mi”, qui avait été numéro 1 mondial cette année-là, se fit éliminer en quart de finale.