SYDNEY La brillante victoire (51-9) sur l'Ecosse, samedi à Sydney, qui a offert au Quinze de France son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde, a illustré la montée en puissance des Tricolores dans la compétition. Les hommes de Bernard Laporte respectent parfaitement les plans de leur campagne australienne. Après trois victoires avec bonus pour autant de matches, les voilà déjà au deuxième tour et même sûrs de terminer aux commandes de la poule B, quel que soit le résultat du dernier match les opposant vendredi aux Etats-Unis.

Les Bleus s'attendent maintenant à retrouver une autre équipe du Tournoi des Six Nations, l'Irlande. A moins que celle-ci, déjà qualifiée pour la suite de la compétition après son court succès sur l'Argentine (16-15), dimanche à Adélaïde, réalise l'exploit de battre le tenant du titre et pays organisateur, l'Australie, dans la finale du groupe A, samedi à Melbourne.

Après la démonstration face à l'Ecosse, Bernard Laporte, l'entraîneur tricolore, ne cachait sa satisfaction. «On est en train de voir une équipe de France au sommet de son jeu», a expliqué Laporte.

Le patron des Bleus a aussi laissé entendre avoir retrouvé dans la prestation de son équipe les ingrédients qui lui ont permis de réaliser le Grand Chelem en 2002 dans le Tournoi des Six nations après avoir battu l'Australie et l'Afrique du Sud l'automne précédent.

Laporte a rendu hommage au travail de ses avants, qui n'ont jamais relâché leur emprise sur leurs homologues et fini par couper les jambes du pack écossais, réputé pour être un des plus coureurs.

«On a essayé de mettre le maximum de pression et on a été bien en conquête aujourd'hui, c'était très important. La clé de ce match est, je pense, la pression défensive», a analysé Jérôme Thion.

Bien adossé à une défense qui n'a pas pris d'essais pour la première fois du tournoi, le Quinze tricolore a pu construire méthodiquement son large succès. «Quand tu défends bien, c'est facile ensuite de jouer», a souligné le 3e ligne Imanol Harinordoquyl. «On arrive à régler nos problèmes internes sans s'affoler, c'est bien pour la sérénité du groupe. On a été patients et au bout d'une demi-heure, ils ont commencé à lâcher.»

Aller à l'essentiel

Les Français ont inscrit cinq essais et ont provoqué nombre d'alertes dans les 22 mètres écossais malgré la pelouse glissante et le manque d'adhérence de la balle. «Dans des conditions atmosphériques difficiles à cause de la pluie tombée avant le match, il fallait aller à l'essentiel, jouer simplement. On a pris les choses par le bon bout», a salué le capitaine Fabien Galthié.

Frédéric Michalak aura encore été un des grands hommes du match. Le jeune prodige toulousain (21 ans) a inscrit 28 points (1 essai, 4 transformations, 1 drop et 4 pénalités), pour rester le meilleur réalisateur du mondial, avec 78 points. Il a surtout installé la domination française par son jeu au pied tout en créant le danger par ses courses et ses improvisations balles en main. Interrogé pour savoir s'il troquerait son numéro 10 contre un autre ouvreur de la Coupe du monde, Laporte a été définitif. «C'est notre 10 et il le restera», a-t-il lâché.

Pour autant, Michalak à toutes les chances de rester au repos vendredi quand les Français tenteront de boucler un Grand Chelem en phase de poule aux dépens des Eagles. «Après trois matches pleins, je pense qu'il faut faire souffler ceux qui ont beaucoup joué. L'occasion nous est offerte de le faire», a rappelé Laporte. «Mais, face aux Etats-Unis, on ne compose pas une équipe pour faire plaisir et on a besoin de savoir qui est compétitif.»

Seule ombre au tableau: le forfait définitif de Xavier Garbajosa (inflammation au genou droit), qui rentre lundi en France. « C'est un crève-coeur de le voir partir», a indiqué Jo Maso, manager de l'équipe de France. «Depuis deux mois, il a bossé comme un dingue.»

L'ailier de Montferrand, David Bory, qui figurait sur la liste cachée, le remplacera à partir de mardi dans le groupe. «Bory était le joueur le plus en balance avec les trois quarts choisis au moment de choisir les 30 sélectionnés», a conclu Maso.

a laissé une très belle impression aux observateurs, ce samedi, mlagré des conditions de jeu difficiles.

© Les Sports 2003