Qu'il est long et âpre le chemin qui mène vers la gloire sportive. Seule une élite parviendra au "Panthéon des Sportifs" aux côtés des Merckx, Ceulemans, Saive, Henin, Clijsters, Werbroeck, Boonen,...

La chute du plus haut niveau peut être aussi rapide que la montée n'a été ardue. Il y a deux semaines, Alan Haydock a été victime d'une nouvelle déchirure des ligaments croisés tandis que samedi passé, le Genkois Ivan Bosniak a souffert du même mal. La sentence est sans appel : saison terminée pour les deux joueurs.

Ainsi, comme le commun des mortels, les joueurs de football professionnel ont besoin de s'assurer pour garantir leurs arrières et éviter qu'une descente aux enfers sportive ne soit doublée d'une perte financière sèche.

René Pirlot, consultant en matière d'assurance sportive, gère les assurances complémentaires de sportifs professionnels ou amateurs, en Belgique ou à l'étranger. Organe indépendant des clubs, de la Fédération ou du COIB, la société de ce courtier en assurance - Tolrip - fonctionne de manière indépendante.

Les footballeurs belges sont-ils bien assurés de manière générale ?

D'un point de vue général, les sportifs ont tendance à reléguer au second plan cette question centrale. Seuls ceux qui sont encadrés de managers compétents se posent ce genre de questions.

En quoi consiste votre mission dans le milieu du football ?

Nous traitons avec les clubs et les joueurs. D'une part, nous aidons les clubs à mieux se couvrir en améliorant les contrats et plus particulièrement le paragraphe relatif à l'assurance. Chaque club a sa manière de rédiger ses contrats. D'autre part, nous conseillons les joueurs afin de leur éviter tout tracas évitable en cas de défection physique.

Tous les joueurs sont-ils égaux face aux blessures ?

Non, certainement pas. Chaque club a son modus operandi. Les clubs sont obligés de fournir à leurs employés une police d'assurance du travail c'est-à-dire une assurance qui couvre le joueur sur le chemin entre le domicile et le lieu du travail, durant son activité professionnelle et sur le chemin du retour. Cette couverture est minimaliste et légalement obligatoire. Certains clubs seulement couvrent leur joueur en dehors des activités liées au football. Ensuite, ces mêmes contrats bien souvent assurent à leur signataire une rémunération réelle jusqu'en fin de contrat. Ainsi, des joueurs issus d'Anderlecht, du Standard, de Bruges ou de Genk signent des contrats qui leur assurent de 100 % du salaire jusqu'à la fin du contrat même si le joueur est blessé de longue date. En revanche, les dirigeants de Saint-Trond, de Beveren et du Brussels ne prennent pas ces risques. Ils respectent la loi sans faire de cadeaux...

C'est-à-dire ?

Les clubs moins aisés financièrement couvrent uniquement leurs joueurs sur leur lieu de travail. De plus, comme la loi le stipule, ils payent l'entièreté du salaire d'un joueur durant six mois.

Et après ?

Après, ces joueurs sont payés soit par l'assurance du club s'ils sont blessés sur leur lieu de travail - le plafond que verse l'assurance après les six mois d'indisponibilité a été délimité à 14 810€ par an -, comme c'est le cas d'Alan Haydock soit ils sont payés par leur assurance complémentaire privée s'il s'agit d'une blessure non couverte par l'assurance du club.

Et c'est là que vous intervenez ?

Absolument. Notre mission débute à partir du moment où le joueur a signé son contrat. Nous proposons aux joueurs de combler les carences de leur contrat pour se prémunir de toute mauvaise surprise. Après avoir signé son contrat, le sportif vient chez nous et ensemble on élargit sa couverture. Un joueur moyen de Division 1, par exemple du Brussels, peut bénéficier d'une couverture totale, assimilée à une assurance tous risques - à l'exception des sports extrêmes comme le saut en parachute - pour la somme annuelle de 1 000 - 1 500€. Les meilleurs joueurs de notre championnat se couvriront totalement pour 5 000€ maximum. Nous leur garantissons une couverture totale qui reprend entre autre l'invalidité permanente - un joueur qui ne peut plus jouer au football - et une assurance décès.

Existe-il en Belgique une "culture anglaise" où le joueur est prêt à débourser des sommes faramineuses pour assurer ses jambes ?

Couvrir une partie de son corps est une notion anglaise. En Belgique, la mentalité est tout autre. Les joueurs assurent la globalité de leur corps pour des sommes proportionnées en fonction de critères objectifs tels l'âge, la rémunération mensuelle,...

© La Libre Belgique 2006