A défaut d'être riche en spectacle - encore que le combat physique fut intéressant et les accélérations de Dobie furent plaisantes -, le duel qui opposa Carolos et Pepins fut riche en informations. Il rappela d'abord que le niveau de l'arbitrage belge n'est pas à la hauteur de ce genre de sommet. Car au vu de l'engagement, de l'agressivité et de l'intensité dont ont fait preuve les deux équipes samedi, ce face-à-face entre frères ennemis mérita une nouvelle fois ce statut.

Privés de Moors et de Stas, les Carolorégiens durent, en effet, s'employer pendant tout le match pour ne pas être largués par des Pepins qui se présentèrent sans Zecevic (très en voix sur le bord du terrain), et avec un Douthit pas encore à 100%. D'emblée, Sinanovic marqua le match de son empreinte et pesa de toute sa taille sur les débats (4pts, 4 rbds). Heureusement pour les Spirou (menés 5-10, puis 9-16 après une technique à Faison), Milacic profita de son temps de jeu pour régler la mire (17-20). En même temps que le trio arbitral avait décidé de se mettre en évidence, les deux équipes restèrent muettes pendant de longues minutes après que Charleroi fut passé devant (26-25). Mais la défense des visiteurs continua de faire des dégâts face à des Carolos physiquement éprouvés (33-37). Enervé d'avoir été contré par le géant bosniaque de Pepinster, Andre Riddick se fit plus présent à la conclusion, et il fallut bien que Dujmovic vienne le relayer lorsque Dobie, déroutant, commença son petit numéro (52-58). Après un dunk d'Abu (55-64 à la 33e), Krupalija sonna le réveil des Spirou et la paire Milacic-Dujmovic ne tarda pas à enchaîner. Après un dernier triple de l'ailier bosniaque, les Pepins manquèrent leurs trois tentatives au cours des 24 dernières secondes...

«Un match dure 40 minutes, et nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes,» constata Eddy Casteels, déçu de ne pas avoir forgé un deuxième exploit face aux Spirou. «Sans oublier le talent de Dujmovic, décisif dans les dernières minutes.»

De son côté, Savo Vucevic expliqua: «Je suis très fier de mes joueurs, car malgré une série de problèmes et un évident manque d'énergie, nous avons su puiser dans notre mental, face à une excellente équipe, dont le meneur (Dobie) est au-dessus du lot en Belgique.»

Et les deux coaches de ne pas vouloir s'exprimer sur l'arbitrage. Mais comme on l'entendit dans les travées du Spiroudome: «Quand la télévision est là...»

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