CORRESPONDANT PERMANENT A PARIS

Sourires, flons-flons et cotillons à la mairie de Paris vendredi soir. C'est en grandes pompes, en effet, que le Comité de candidature à l'organisation des Jeux Olympiques de 2008 recevait quelques-unes parmi les 300 personnalités du monde artistique, culturel et scientifique international ayant accepté d'apporter leur soutien à la candidature de Paris.

Dans la salle, on croisait Jeanne Moreau, Robert Hossein ou Line Renaud. Dans la liste des 300 parrains de Paris 2008, aux côtés des Français Charles Aznavour, Charlélie Couture, Marlène Jobert, Michel Fugain, Roger Hanin, Johnny Halliday, Emmanuel Ungaro, Claude Lelouch, Erik Orsenna ou Jean Reno - pour ne citer qu'eux -, on retrouvait le Brésilien Paulo Coelho, le Camerounais Manu Dibango, les Américains Francis Ford Coppola et Andy Mac Dowell ou le Russe Mistslav Rostropovich. Toutes ces personnalités joindront leurs efforts à ceux déjà déployés par les «ambassadeurs sportifs» de Paris 2008: du judoka David Douillet aux tennismen Arnaud Di Pasquale et Cédric Pioline en passant par les athlètes Eunice Barber, Stéphane Diagana et Jean Galfione.

Les sourires légèrement figés l'illustraient cependant: ce qui hier soir devait être une grande fête avait été un peu gâché par l'actualité judiciaire. Dans la nuit de mercredi à jeudi, on le sait, le président du comité de candidature de Paris, Claude Bébéar, a été mis en examen pour blanchiment aggravé (voir LLB du 14/6). Les faits reprochés au président-fondateur du groupe d'assurances AXA n'ont pas le moindre rapport avec le dossier olympique parisien. Il n'empêche, cette nouvelle a achevé de démoraliser nombre d'acteurs de la candidature parisienne déjà passablement alarmés par les rumeurs insistantes en vertu desquelles la cause serait déjà entendue au CIO, au bénéfice de Pékin.

Malgré sa mise en cause, Claude Bébéar s'est maintenu à la tête du comité organisateur, avec l'accord notamment de la ministre des Sports. Hier soir, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, lui a explicitement apporté son soutien. «Cette équipe était profondément soudée il y a huit jours», a-t-il assuré. «Elle l'est tout autant aujourd'hui. Cette équipe est conduite pour hier, pour aujourd'hui et pour demain par Claude Bébéar». Ce dernier n'a pas tourné autour du pot: «Je le dis solennellement que si je n'étais pas absolument certain de mon absence totale de responsabilité dans les faits qui me sont reprochés, jamais je n'aurais accepté de poursuivre ma mission auprès de la candidature de Paris».

Paris qui, malgré tout, continue à espérer. «Notre rêve, nous le réaliserons!», s'est exclamé Bertrand Delanoë sous les vivats. Verdict le 13 juillet...

© La Libre Belgique 2001