ÉCLAIRAGE

Numéro 1 mondial, ce n'est pas rien, mais ce titre, dans le langage quotidien, n'est-il pas, parfois galvaudé?

Oui, bien entendu. On peut être n°1 mondial mais uniquement dans sa catégorie, comme en judo, par exemple, où nos compatriotes se sont si souvent illustrés, on peut aussi être n°1 et dominer une discipline qui n'est pas franchement universelle. C'est le cas du cyclocross, du motocross, du trial ou du billard, où la Brabançonne retentit presque à chaque week-end de compétition, mais qui ne concernent qu'un nombre limité de pratiquants.

Seul Jean-Michel Saive

De plus en plus, les grandes fédérations mondiales établissent des rankings. C'est le cas du football, mais il est impossible de sortir un individu d'un sport collectif, si ce n'est pour des récompenses totalement subjectives comme les Souliers ou Ballons d'Or. C'est le cas de l'athlétisme où, malgré tout, on compare des poires et des pommes en opposant un sprinter et un lanceur de poids, mais le classement mondial officiel existe.

En raisonnant strictement en tant que puristes, un seul cas, dans le passé, peut être comparé à l'exploit de Kim Clijsters, c'est celui de Jean-Michel Saive en tennis de table: une discipline sans catégories, où tout le monde peut affronter tout le monde, avec, donc, un seul numéro 1, un sport d'envergure mondiale.

Sept fois Eddy!

On pourrait y ajouter un autre sport, et il mérite qu'on s'y attarde, le cyclisme sur route. Aujourd'hui, le classement UCI (ex-FICP) rend bien la valeur réelle de ceux qui le pratiquent. Il existe depuis 1988 et aucun Belge n'y a occupé la tête, les meilleures places étant celles de Vandenbroucke (3e) et Museeuw (4e).

Avant cela, de 1959 à 1987, le Superprestige occupait la même fonction. On y a vu la victoire de Van Springel (68), Maertens (76 et 77) et, bien sûr, Eddy Merckx, vainqueur pendant sept années consécutives, de 1969 à 1977). En remontant plus loin dans le temps, le Challenge Desgranges-Colombo, qui reprenait les trois grands tours et toutes les classiques en ligne a vu la victoire de Schotte (48), Ockers (55) et trois fois De Bruyne (56 à 58).

Le cas Ickx

En automobile, il est logique de prendre en considération la Formule 1 comme la discipline reine. On peut affirmer que Jacky Ickx a été le numéro 1 mondial en 1970 puisque, vice-champion du monde derrière Jochen Rindt, décédé en septembre, il était le leader des pilotes en vie, le titre ayant été accordé à titre posthume au pilote autrichien.

Bien sûr, cela ne signifie pas que d'autres grandes stars ont moins de mérite. Surtout, avant la guerre et même juste après, quand il n'existait aucune comptabilité de ce genre. Nous pensons par exemple à René Milhoux (plus de 300 victoires à moto!) ou Gilbert Stapelaere en rallye. Ils étaient certainement les n°1 de leur époque. Et des athlètes comme Gaston Reiff, Gaston Roelants, Roger Moens ou Emile Puttemans auraient peut-être pu revendiquer une première place over all.

© Les Sports 2003