Comme il y a quinze jours en Espagne, la victoire finale dans ce Rallye d'Australie s'est jouée dans la première spéciale du samedi. Et là où Sébastien Loeb avait tout perdu en Catalogne face à Markko Martin, l'Alsacien a, cette fois, hérité d'un succès facile suite à la sortie de route de Marcus Grönholm dont la 307 WRC a déraillé dans une portion creusée par rapport à la veille. «Avec quelques centimètres de plus de garde au sol, ce serait passé!» regrettait le Finlandais aggravant son cas le lendemain en mettant sa Peugeot sur le toit dans l'avant-dernière spéciale disputée dans le cadre du SuperRally. Une saison décidément bien noire pour le grand Marcus.

Sainz, Martin, Solberg et Grönholm out, ce n'est pas le tendre Rovanpera, auteur un peu tard de son meilleur résultat en 307 WRC (mais à deux minutes), qui pouvait empêcher le champion du monde 2004 de filer tranquillement vers son sixième succès de la saison. De quoi, après son premier titre, égaler à nouveau son compatriote Didier Auriol avec un record de six victoires en une même saison. A la différence près qu'en 1992, le Mondial des rallyes ne comptait que douze manches. «J'aurais préféré gagner au terme d'un duel aussi haletant que l'an dernier, mais je n'ai pas eu le choix!» regrettait un peu le seul pilote Citroën au départ. Et à l'arrivée... «Mes adversaires sont tombés comme des mouches. Il est vrai que les conditions n'étaient pas faciles. Pour ne pas me déconcentrer, j'ai continué à signer des scratches.»

Cinquième podium pour Duval

Bravo à Seb qui affrontera dans trois semaines... Michael Schumacher au Stade de France et tentera de devenir le champion des champions lors de l'événement organisé par Michèle Mouton. Une Course des Champions à laquelle a refusé de participer François Duval, faute d'équipe belge. Un pilote de Cul-des-Sarts clôturant sa saison sur le podium, son cinquième de l'année mais pas encore, hélas! sur la plus haute marche. Ce sera, soyons- en sûr, pour 2005. En Ford ou en Citroën? Le suspense pourrait être levé jeudi lors de ses 24 ans. «Hormis lors des petites spéciales ou de la show, je n'ai vraiment jamais attaqué à fond en Australie!» confiait notre compatriote, classé troisième à Perth, à 3'40 du vainqueur. «Vendredi, j'ai été fort prudent, puis samedi et dimanche, j'étais handicapé par ma position sur la route. En raison des nombreux abandons, je me suis retrouvé troisième. Cela glissait beaucoup, surtout au freinage. Et ici, les arbres sont très proches. Après le retrait de Marcus, je n'avais plus rien à gagner à la régulière. Rovanpera était déjà trop loin et j'ai donc sagement assuré. J'en ai profité pour peaufiner mes nouvelles notes en vue de la prochaine édition. Cette expérience me servira. Je suis satisfait.»

Mais pas vraiment libéré, le Belge semblant toujours tracassé par le choix cornélien qu'il doit encore faire pour son avenir. Sans connaître tous les paramètres, difficile d'émettre un avis objectif et encore plus un pronostic fiable. Même si en Australie, certains prétendaient que Citroën aurait réussi à le convaincre et officialiserait son engagement pour 2005 dès mercredi. L'audacieux Duval n'au- rait pas peur d'affronter le champion du monde en titre dans sa propre équipe. Comme Senna voulait à l'époque rivaliser en F 1 avec Prost à armes égales.

© Les Sports 2004