ENVOYÉ SPÉCIAL EN CORSE PHILIPPE JANSSENS

AJACCIO Le jour de gloire est arrivé! Dix ans après Didier Auriol, la France s'est offert hier un deuxième... champion du monde des rallyes. Hissé sur les épaules de Guy Fréquelin, son team manager, ou pleurant dans les bras de son ami d'enfance, premier complice et premier sponsor, Dominique Heintz, embrassant son épouse ou tombant dans les bras de papa et de maman, le pilote alsacien a tenu à savourer chaque seconde depuis la fin de ce Tour de Corse. «Ce fut un des rallyes les plus difficiles de la saison, souffla-t-il. Depuis vendredi midi, je roule sur la défensive mais suffisamment vite. Pas toujours facile. Surtout avec une Xsara plutôt capricieuse sur des routes étroites et sinueuses où la moindre erreur se paie cash.»

Cinq victoires cette saison, six deuxièmes places, le tout sur des surfaces aussi variées que différentes: hormis quelques mauvais souvenirs au Mexique, l'Alsacien a réussi la saison parfaite pour tresser sa première couronne de lauriers dans les murs de la cité impériale.

«La première fois que je me suis permis de penser au titre mondial c'était... à 5 kilomètres de l'arrivée», poursuit l'ancien champion de... gymnastique de la région d'Alsace. «Je n'écoutais les notes qu'à moitié. Champion du monde? Cela me fait bizarre de le dire. Mais cela sonne doux à mon oreille. Tant de chemin a été parcouru. Je dois cela à tellement de monde. Mais avant tout à mes parents. Je crois qu'il n'y a rien de plus beau pour un pilote que de conquérir son premier titre mondial. Et surtout ici, en France, avec une équipe française: sincèrement, je crois que même si j'avais dû en rêver, ce n'aurait pas été aussi beau...»

Doublé mondial pour Citroën

Un peu plus tard, dans la structure Citroën, l'ambiance est à la fête. Drapeaux, chants et larmes. L'émotion est grande, surtout pour Guy Fréquelin, le patron sportif de la marque aux chevrons. «Cette victoire de Sébastien, c'est également un peu la mienne et puis celle de toute l'équipe», explique le Grizzly, avec la chemise imprégnée de champagne. «En 1981, je me suis retrouvé dans la même position que Sébastien. De le voir concrétiser ce titre mondial, c'est un peu comme si j'y étais enfin parvenu par son entremise. Lorsque je l'ai découvert au travers de nos formules de promotion en 1998, je savais qu'il avait du talent. En l'espace de quelques mois, j'ai beaucoup investi en lui. Il est doué et surtout, il a compris qu'il fallait travailler pour devenir champion du monde. Mais personnellement, je ne suis pas étonné qu'il se trouve là où il est aujourd'hui. Je suis simplement très fier d'avoir contribué à son ascension et j'espère que nous serons encore en mesure à l'avenir de lui offrir une voiture digne de son talent.»

«Sainz n'a pas envie d'un programme complet en 2005»

En cueillant le titre pilotes et constructeurs le même jour, Citroën peut donc voir la vie en... rose! «Notre programme ainsi que nos pilotes pour l'année prochaine seront annoncés à la fin du mois de novembre. Avant cela, je ne peux pas vous dire grand-chose, sauf que j'ai l'impression que Carlos n'a pas envie de refaire une saison complète...»

Au moins une bonne nouvelle, hier, pour François Duval...

© Les Sports 2004