Sébastien Loeb (Citroën Xsara), solidement installé en tête du rallye Monte-Carlo, première épreuve du Championnat du monde, à l’issue d’une journée mouvementée samedi soir à Monaco, semblait en route vers une troisième victoire consécutive en Principauté.

Le Français comptait près de deux minutes d’avance sur Marcus Gronholm (Peugeot 307), son plus dangereux rival, quelques secondes supplémentaires sur Toni Gardemeister (Ford Focus), Petter Solberg (Subaru Impreza) et Gilles Panizzi (Mitsubishi Lancer) avant l’ultime affrontement de dimanche.

Quant à François Duval, sur l’autre Xsara, dans l’ombre de Loeb samedi matin, le Belge avait disparu, comme Stéphane Sarrazin (Subaru Impreza), Didier Auriol (Peugeot 206) et Armin Schwarz (Skoda Fabia).

Calme, sans problème majeur depuis le départ la veille, le Monte-Carlo avait soudainement connu de multiples rebondissements à partir de la 6e spéciale, la deuxième du jour, avec la sortie de Stéphane Sarrazin (Subaru Impreza) d’abord, sans dommage pour l’équipage, puis l’accident de François Duval (Citroën Xsara).

Simple hématome

Le seul jusque-là à limiter l’écart sur Loeb, plus intouchable que jamais, Duval se faisait surprendre au freinage au km16, à l’entrée de Saint-Antonin. Un revêtement bombé à cet endroit, la Xsara tapait le protège-carter sur le bitume, décollait légèrement, perdant ainsi le bénéfice d’une dizaine de mètres de freinage.

«C’est une courbe sur laquelle on arrive en 6e vitesse et que l’on passe en 4e. J’avais failli me faire piéger l’an dernier à cet endroit. Cela figurait dans mes notes », expliquait Loeb. Pas dans celles de Duval.

La Xsara partait en glissade à pleine vitesse, percutait et couchait un premier pylône téléphonique en bois, avant de plier un autre électrique en ciment. Route bloquée, Loeb était contraint de s’arrêter.

Citroën perdait une voiture à la grande déception de Guy Fréquelin. Les Xsara équipées de pneus Michelin étaient dominatrices. Cet accident coûtait sans doute un «doublé » à la marque au chevron.

Heureusement, Stéphane Prévot, le copilote s’en sortait avec seulement un gros hématome à une cuisse. Il était évacué sur l’hôpital de Nice mais les examens ne révélaient en effet aucune fracture.

Dans la spéciale suivante, c’était au tour de l’Allemand Armin Schwarz (Skoda Fabia) de sortir de la route, d’être emmené à l’hôpital pour une blessure à l’épaule.

Panizzi et Bengué en verve

Spéciales neutralisées, temps forfaitaires, programme retardé d’une heure, le Monte-Carlo s’en trouvait tout retourné. Et jusque-là flamboyant attaquant, le champion du monde semblait se muer d’un coup en gestionnaire. Nanti d’une confortable avance sur ses poursuivants, sur la Peugeot 307 de Marcus Gronholm, le Français pouvait voir venir, rester «en-dedans ».

Gilles Panizzi (Mitsubishi Lancer) en profitait ainsi pour réaliser le temps scratch de l’ES8, après avoir démontré les progrès de la Mitsubishi dans les spéciales précédentes. Mais Loeb reprenait la main dans la suivante, la dernière (ES9), courue de nuit.

Pendant ce temps, Didier Auriol (Peugeot 206) et Alexandre Bengué (Skoda Fabia), en verve samedi, étaient moins en réussite. Installé aux avants-postes, l’ancien champion du monde (1994) rentrait dans le rang après l’ES7. Le moteur de sa 206 rendait l’âme sur le parcours de liaison. Auriol rentrait au parc d’assistance remorqué par une dépanneuse.

Bengué, lui, cassait une roue dans cette ultime épreuve chronométrée après avoir joué dans la «cour des grands » toute la journée.

Le Monte-Carlo réserve toujours des surprises. Loeb le sait bien qui attend dimanche après-midi pour «chanter victoire ».