A la veille des résultats, Madrid mise sur «la guerre des nerfs» entre Paris et Londres pour gagner la course aux JO. Son dernier espoir: que le CIO désapprouve la campagne de dénigrement que se font les deux villes favorites. En effet, les normes du Comité international olympique interdisent aux villes candidates de critiquer les projets de leurs concurrentes. Car Madrid n'est qu'en troisième position, et seuls 34pc des Espagnols croient encore en sa victoire, selon un sondage Ipsos réalisé pour «L'Equipe» et publié lundi. Le rapport d'évaluation, le 6 juin du CIO, après sa tournée des villes candidates était certes élogieux, mais moins que pour Paris et Londres. Pourtant, la ville dispose de solides atouts: une population mobilisée à 80pc, déjà 83pc des sites nécessaires, un projet compact et peu coûteux. Sans oublier la présence à Madrid du Real, le plus prestigieux club de football du monde. L'argument du coût ne devrait pas laisser insensible le CIO qui cherche à limiter les dépenses. Sans compter que le roi Juan Carlos a de nombreux amis au sein du comité... Enfin, et contrairement à Paris et à Londres, Madrid n'a jamais reçu les JO. Mais il y a une sérieuse ombre au tableau: les risques d'insécurité. La difficulté du gouvernement à gérer les menaces du groupe terroriste ETA ne sert guère la campagne madrilène. La semaine dernière, l'ETA n'a pas hésité à faire exploser une bombe près des sites proposés pour accueillir les épreuves. Et dimanche, le gouvernement à été accusé de négocier avec Batasuna, bras politique de l'ETA. Le Premier ministre Zapatero se serait sans doute volontiers passé d'avoir à démentir ces accusations le jour même de son départ pour Singapour.

Quoi qu'il en soit, le comité de candidature pense qu'il y aura un troisième tour pour départager Paris, Londres et Madrid, et que la nouvelle modération que l'Espagne a affichée en politique internationale pourrait bien faire pencher la balance en sa faveur.

© La Libre Belgique 2005